Robert Alexis

U-boot – José Corti – 190 pages – 16 euros

Que peut-il se passer à bord d’un sous-marin allemand, qui, à la fin de la seconde guerre mondiale quitte un port de la mer du Nord pour une destination et une mission aussi mystérieuse que déterminante ?

Presque tout. Sauf la guerre manifestement. En effet, dans ce livre qui commence comme un récit de guerre classique et dont on suppute qu’il se terminera de manière tragique à la suite de moult aventures, rien de ce que l’on imagine ne se produit. Le récit, s’il commence de manière tout à fait ordinaire, prend très rapidement une tournure inattendue et vire à la confession. Confessions tout d’abord des membres d’équipage qui ont pour la plupart de lourds secrets à dévoiler, confession du commandant qui ne veut pas dévoiler la nature de sa mission, confession du narrateur qui ne veut pas immédiatement révéler le vrai genre du récit qu’il narre. Chacun livre ses secrets, d’une manière ou d’une autre. Et si de temps en temps la réalité de la guerre se rappelle au narrateur, c’est plus dans l’introspection que le lecteur se situe.

Combats

Les quelques scènes de combats qui émaillent le récit ne servent qu’à se débarrasser de certains personnages, et, très vite, un équipage réduit se trouve confronté au problème de sa survie et de son avenir alors que presque involontairement il est sorti de la guerre. Récit étrange et inattendu, ce livre n’est en réalité pas du tout un récit d’aventures martiales. Mais celui d’un voyage insolite qui renverra chacun des protagonistes à son destin. Echoués sur une île en effet, loin de tout, oubliés de l’histoire et des hommes, avec pour seuls partenaires des autochtones qui vivent au rythme de la nature, les rescapés ont une deuxième chance de faire quelque chose de leur existence. Livrés à eux-mêmes, ils n’ont plus de maîtres à qui obéir et devant eux l’infini des possibilités. Certains d’entre eux s’adaptent peu à peu au mode de vie des autochtones, tandis que d’autres, mollement, comme le narrateur, ont encore le dessein de retourner à la civilisation. C’est d’ailleurs ce dessein qui sera fatal au narrateur. Cette volonté, au bout du compte, de reprendre le cours d’une histoire là où elle s’était arrêtée, comme s’il n’était nulle autre possibilité… Les hommes ne seront-ils donc jamais capables de se transcender ?

Stéphane Esserbé

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Une réponse à Robert Alexis

  1. Hécate dit :

    Un roman qui capture le lecteur …

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