Auguste de Villiers de L’Isle Adam

Tableau de Paris sous la Commune – Sao Maï – 103 Pages – 6 euros

Tableau de Paris sous la Commune de Villiers de l'Isle Adam

Tableau de Paris sous la Commune

Rien ne destinait le comte Jean-Marie-Matthias-Philippe-Auguste de Villiers de l’Isle-adam, auteur des  Contes cruels et royalistes notoire, à soutenir une révolution prolétarienne comme la Commune. C’est pourtant ce qu’il advint lorsque La Commune de Paris éclata…

En 1871 en effet, alors que des écrivains glorieux comme Flaubert ou Daudet ont largement vilipendé la révolution du 18 mars, certains autres, comme Verlaine ou Cros, choisirent de la soutenir. Malgré la répression sanglante que connut La Commune, des témoignages subsistent de ces soutiens. Les textes présentés ici en constituent un bel échantillon.

Témoignage

Ces tableaux sont en réalité 5 textes courts et de longueur inégale parus sous La Commune. Ils évoquent la vie parisienne pendant la révolution prolétarienne où des épisodes fameux de celle-ci. Ils sont bien évidemment d’une grande qualité littéraire, tous favorables à La Commune, et d’un point de vue historique intéressants. Leur principal intérêt est d’évoquer La Commune sous un jour qu’on ne connaît pas.

La Commune au quotidien

Des pans de la vie quotidienne y sont dévoilés, et des scènes qui n’ont pu se produire que sous La Commune y sont décrites. La position particulière de l’auteur vis-à-vis de La Commune en rajoute à l’intérêt de l’ensemble. Les textes qui composent le livre en effet échappent au clivage traditionnellement d’usage lorsqu’on évoque la révolution du 18 mars 1871. Ils ne sont ni de la plume d’un Versaillais, ni de celle d’un Communard ou d’un sympathisant, mais de celle d’un homme de lettres qui a trouvé en La Commune un écho à ses rêves les plus profonds.

La bourgeoisie vaincue

Villiers de l’Isle-Adam, apparemment contre toute attente, a épousé la cause de La Commune dès le début, non pas par conviction politique, mais principalement en raison des spectacles et de l’atmosphère qu’elle fit naître dans les rues de Paris. Paris, entre le 18 mars et le 28 mai 1871, fut une ville libre où la bourgeoisie ne régnait plus et où par conséquent toutes ses valeurs mercantiles à peine déguisées par l’alibi du progrès n’existaient plus, ce qui ne pouvait manquer de plaire au comte de Villiers de l’Isle-Adam.

Romantisme

C’est par romantisme que Villiers a épousé la cause de La Commune. Parce qu’il a senti, que pour un temps, l’humanité se rapprochait un peu d’elle-même alors que le mouvement même des sociétés modernes rend ceci impossible. Comme le souligne le préfacier du livre, Villiers en La Commune ne voyait pas le progrès mais au contraire un retour à certaines habitudes archaïques dignes du Moyen-âge, comme celle de se ruer dans les églises pour les réunions politiques sauvages qui s’y tenaient ou bien encore dans la rue pavoisée sur fond de bombardements incessants.

Stéphane Esserbé

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