Pascal Thiriet

J’ai fait comme elle a dit – Jigal – Polar – 231 pages – 17, 50 euros

Elle est irrésistible, belle, intrépide. Elle a mauvais caractère et avec elle les emmerdes arrivent vite. Lui le sait. Tant pis. Quand elle l’appelle alors qu’il pense enfin avoir trouvé un semblant de stabilité il cède…

Elle, c’est Saha, jeune femme aussi belle que complexe. Lui, c’est Pierre, l’homme qui la suivrait jusqu’au bout de la nuit.

L’histoire est simple. Et elle commence comme ça. Le lecteur apprend très vite que Saha est poursuivie et qu’elle doit fuir d’horribles tueurs. Ce qu’elle a fait ? Juste accepté d’être une « clé » en contrepartie d’une somme d’argent substantielle. La gardienne d’un secret industriel qui peut changer le sort de toute l’humanité. Et dont les créateurs viennent de se faire assassiner.

Une course sans fin débute. Qui mènera nos deux protagonistes en Suisse en passant par l’Allemagne et Anvers, y semant au passage de nombreux cadavres, parfois au bénéfice d’actes de violence purement gratuits. Saha, Pierre, et leurs ennemis n’ayant aucun scrupule à semer mort et destruction.

Road trip

Road trip moderne à l’européenne, ce roman policier construit avec intelligence séduit. Malgré quelques faiblesses, il va en effet au bout du suspens et ménage au lecteur d’incessants rebondissements qui le tiennent en haleine.

Violence et sexe sont au menu. Rencontres fortuites avec des personnages  inquiétants. Histoires d’amour aussi, condamnées à l’avance. Inceste. Absence de morale. Tous les ingrédients du polar moderne.

Un regret toutefois, malgré une évidente attention apportée au style, quelques scories persistantes qui viennent nuire à la facilité de lecture de l’ouvrage. Comme par exemple l’usage répété de figures telles que celle visant à réitérer sans cesse le titre du livre à chacun des actes déterminants de l’héroïne (j’ai fait comme elle a dit, on a fait comme elle a dit…). Procédé qui finit par agacer. Un détail certes, mais en littérature…

Une bonne note cependant à ce livre. Ainsi qu’à l’excellente facture de son édition.

Stéphane Esserbé

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