Prose récente


La prose de Jean-René Godule... et des autres


TROIS POEMES EN PROSE (23/12/08)

Passé

 

Je la vois nue. Elle surgit comme d’un rêve. Elle parle. Et je la reconnais. Rien n’a changé, pourtant… Toutes ces années… Elle me regarde. Je pense : « Pourquoi ? » Je revois tout.

 

Encore

 

Encore un jour. C’est un autre matin. Je le découvre. Il fait beau et… Je me demande.  Jusqu’où ? Je n’en sais rien.

 

Instant

 

Quand la lumière arrive, tout me semble possible. Un instant je tiens mon destin. A la couleur du ciel, aux bruits mats de la rue, je crois que tout commence. Je suis ici. Tout m’appartient.

 

 


LES TRAINS (04/12/08)

Jean-René Godule aime les trains...

 

Le site critique : Les trainsJ’entretiens depuis très longtemps avec les trains une relation étrange. J’aime les trains. Ils m’ont toujours emmené loin. Enfant, j’en rêvais très souvent. J’aimais fixer les paysages, suivre les voies. Le bruit régulier me berçait. Prendre un train était une aventure. Les grosses machines m’impressionnaient. Et leur mouvement me stupéfiait. Il y avait de la magie. Avec eux je partais. J’oubliais la misère. Je voyais l’avenir. La vitesse me grisait. Je n’avais pas besoin de savoir où j’allais. Il suffisait de prendre place. Les chefs de gare étaient comme de grands capitaines. Les gares de grands palais. Le transport était grand. L’espoir à sa mesure. Les trains. Ils grondaient. Faisaient trembler le sol. J’éprouvais tant de joie à voir un train. Leur bruit sonnait comme un appel. Fermant les yeux je me laissais guider. Et tout se transformait. J’étais plus grand. Je m’évadais. Dans le grondement j’allais au rendez-vous. Il y avait des promesses. Le ciel était plus beau. Un horizon. Un monde très différent. Comme dans un rêve. Où tout était plus pur. La ville. Le train la pénétrait. Ce n’était pas hasard. Plus qu’un voyage. Une autre vie. Une projection. Plus que moi-même.

 



UN JOURNAL (24/11/08)

Je suis absent. Il n’y a plus autour de moi qu’une rumeur. Je ne m’en soucie pas. Je manipule les pages. Ce que je lis n’importe pas. Ce qui compte c’est le temps. Je ne sens plus le monde. Mon âme est libérée. Je ne suis qu’un esprit. Nul ne prête attention à moi. Ma présence est discrète. Je bouge si peu. Et ma voix… On m’oublie.


 



 

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