N° 68 du 19/10/08

MECHANT !


HUMEUR

La chronique d'Hector Plasma

Cela faisait longtemps qu’on y pensait. On hésitait. On se disait… Et puis… à lire tous les journaux, à en entendre tant, on s’est dit… Ca y est, on y va...

 

On va être méchant. Mais vraiment méchant. On va le dire. On va l’écrire, même si c’est mal, et que ça se fait pas. On va se lâcher. Car nous, au nonsens on n’aime pas, mais pas du tout, Laure Manaudou. Hein ? Comment ? C’est pas possible ! Cette si jolie jeune femme ! Si belle championne ! On en a marre. Et on tient à le dire. Laure Manaudou dès fois c’est pire que ce qu’y a à l’Elysée depuis maintenant des mois (c’est pas peu dire). Oui y en a marre. On n’en peut plus. Il ne s’écoule pas une semaine sans qu’on nous parle d’elle. On s’en fout. Et qu’on nous parle de ses histoires de fesses, de ses changements de clubs, de ses photos intimes, de ceux qui voudraient l’entraîner ou plus… Franchement, qu’est-ce qu’on en à faire ! Si encore elle était intelligente. Si au moins elle avait un cerveau. Peut-être on se dirait qu’un jour ça s’arrangerait. Mais non. Elle est là. Tout le temps. Avec sa tête à claque. Si seulement on pouvait lui en mettre une ! Ca nous ferait du bien. Eh ! Laure Manaudou, viens là, viens donc prendre ta tarte ! Tu la mérites. La France te doit bien ça. Mais non. Même pas. On peut que la subir. Le pire c’est qu’elle est jeune et qu’elle veut continuer. Après la gloire, elle a connu le ridicule mais elle veut plus. Elle fait du cinéma. Elle veut qu’on parle d’elle. On n’y peut rien. On aimerait bien couper à ça. Mais on peut pas. Sur internet elle est aussi. Laure Manaudou, va-t-en ! Prends ta retraite ! Laisse-nous ! A moins que dans 4 ans à Londres tu nous amuses autant que cet été…

 

 


LIVRES

LES ORIGINES DE LA COMMUNE

Par Stéphane Esserbé

Beaucoup d’ouvrages ont été écrits sur le déroulement dramatique de La Commune de Paris. Peu ce sont exclusivement attachés uniquement à ses causes. C’est ce qu’a fait, en 1960, Maurice Choury, dans cette remarquable étude qu’il convient de redécouvrir.

 

Lorsque débute la guerre Franco-Prussienne en juillet 1870, nul ne se doute du désastre qu’elle constituera, ni qu’elle se terminera à Paris en véritable guerre civile. La Commune en effet, qui eut lieu à Paris du 18 mars au 28 mai 1871, trouve ses origines en grande partie dans ce conflit désastreux déclenché contre la Prusse et qui aboutit, le 4 septembre 1870, à la fin du Second Empire. En partant de Sedan et en faisant un rappel sur la condition de la classe ouvrière sous le Second Empire, Maurice Choury, dans ce livre, pointe jusqu’au 18 mars 1871 toutes les « erreurs » commises par le gouvernement de la Défense Nationale dans sa conduite de la guerre contre les prussiens et particulièrement pendant le siège de Paris. Ces « erreurs » en effet, qui exacerbèrent la population parisienne résolue à défendre le territoire français coûte que coûte face aux prussiens, coutèrent cher à la république naissante. Elles furent si grosses et importantes qu’on est en droit de se demander si elles ne furent réellement que des erreurs, le gouvernement de la Défense Nationale s’attachant plus à veiller que le peuple de Paris reste muselé malgré sa résistance héroïque plutôt qu’à repousser les prussiens.


Il est flagrant de constater, dans ce livre, qu’à coup d’offensives mal préparées, de demandes d’armistice prématurées, de redditions injustifiées, la volonté de la Défense Nationale ne semblait pas être celle de combattre la Prusse mais plutôt de rétablir l’ordre dans Paris devenue révolutionnaire et considérée très vite à partir du 4 septembre comme le véritable ennemi. Trop de hasard, trop de coïncidences étayent cette thèse que l’auteur défend tout au long du livre : Paris, qui fut au cœur de la résistance de l’armée française après Sedan, a été livrée à l’ennemi car devenue trop menaçante pour le nouvel ordre établit. Cette trahison qui à aucun moment n’ose dire son nom semble évidente, et invite le lecteur à relire une histoire qui mérite bien de l’être.



Stéphane Esserbé

 

 

 


PROSE

L'ERRANCE                                                      PAR JEAN-RENE GODULE

 

Il fait beau à Paris. Il y a de la lumière. Je ne m’ennuie pas...

 

Je vois les jours, prends le pouls de la ville. Cela tremble, frémit. C’est un émoi de chaque instant. Il y a à Paris en effet toute cette agitation. Cette vie constante. On est toujours surpris. De quartier en quartier on voit des mondes très différents. C’est ce que j’aime. Et que je ne puis fuir. Le matin je me lève, regarde à la fenêtre. Je trouve ça beau. Déjà l’espoir renaît. Les gens vont. J’éprouve l’envie de me noyer. Dans cette foule… Je me sens tout petit. Repensant au désert je me dis : « C’est là l’humanité ! » J’en suis certain. La ville… Je suis pourtant un solitaire. Mais, ici, je suis heureux. Heureux de pouvoir vivre comme je le souhaite. Heureux de sentir tout ce monde. Heureux de cette immensité. Je ne pourrais pas vivre ailleurs. Je dois, chaque jour, baigner dans cette ambiance. De temps en temps je me souviens des grands espaces mais ils m’effraient. Oui, la ville est tout à fait à ma mesure. Et son agitation me sied. Le vertige ? Non. Il ne m’impressionne pas. La démesure ? Non plus. Les bruits de pas m’enchantent. Et le nombre me va. La multitude… Les paysages ne me manquent pas. J’aime, oui, me sentir au cœur de la vie. Il y a tant. En marchant, à chaque instant je fais des découvertes. J’entends des voix. Saisis des bribes. C’est tout ce qui importe ; ces instants sont magiques. J’écoute. Je sens et vois. Et ce que je peux prendre m’envahit. Des parfums. Et des images. Pourquoi irais-je ailleurs puisque tout se trouve là ! Je tourne. Je reviens sur mes pas. Mais cela vaut la peine. Tous les instants sont différents. J’aime les visages et les sourires. Je les connais. Même quand je les vois pour la première fois. Il y a un cri, quelque chose de très familier. Nul ne s’y trompe. A ces sourires… Ils sont toute ma raison.


Et même lorsque le temps est triste je trouve d’autres trésors au coin des rues. Des femmes qui passent, des inconnues. La ville est tout à fait intarissable. Je ne m’en repais pas. Il y a toujours à découvrir. Un pan de mur, une cour dissimulée. Dans le bruit des voitures, et dans l’agitation. Ailleurs cela n’est pas pareil ; tout est trop net. Ici tout se mélange, et tous se mêlent. Je fais partie du tout. Je reste en marge mais mon regard… Je suis là quand même et j’insiste. C’est une histoire qui ne s’interrompt pas. Je suis vivant quand même. C’est que ma vie est autre. Elle se place où très peu se tiennent. Elle tient aux petites choses. Elle est imperceptible. Elle se fait aux nuances. Se nourrit de faiblesses. Elle est d’humanité. Elle m’arrive indirectement. J’habite un lieu sauvage. Et très peu me suffit. Je me nourris d’un rien. Le travail ? Je ne connais pas. L’amour ? Il est fuyant. Il me reste l’errance. Où mieux errer qu’en ville ? N’y a-t-il pas en ville sans cesse toujours plus de spectacles ? Le reste… le reste n’est pas humain. Il ne s’agit que d’artifices. Seule la chair compte. Et le temps qui s’écoule. Pour moi errer c’est rattraper le temps, l’empêcher de s’enfuir. Ce qu’on peut faire ne sert à rien. Tout se trouve là. Dans les murmures. Au long des rues.

 

 


CITATIONS

La citation de la semaine

"Avoir l'esprit philosophique, c'est être capable de s'étonner des événements habituels et des choses de tous les jours, de se poser comme sujet d'étude ce qu'il y a de plus général et de plus ordinaire."

 

Schopenhauer

 

 




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