MECHANT !
La chronique d'Hector Plasma
Cela faisait longtemps qu’on y pensait. On hésitait. On se disait… Et puis… à lire tous les journaux, à en entendre tant, on s’est dit… Ca y est, on y va...
On
va être méchant. Mais vraiment méchant. On va le dire. On va l’écrire,
même si c’est mal, et que ça se fait pas. On va se lâcher. Car nous,
au nonsens on n’aime pas, mais pas du tout, Laure Manaudou. Hein ? Comment ? C’est pas
possible ! Cette si jolie jeune femme ! Si belle championne ! On en
a marre. Et on tient à le dire. Laure Manaudou dès fois c’est pire
que ce qu’y a à l’Elysée depuis maintenant des mois (c’est pas peu
dire). Oui y en a marre. On n’en peut plus. Il ne s’écoule pas une
semaine sans qu’on nous parle d’elle. On s’en fout. Et qu’on nous parle
de ses histoires de fesses, de ses changements de clubs, de ses photos
intimes, de ceux qui voudraient l’entraîner ou plus… Franchement, qu’est-ce
qu’on en à faire ! Si encore elle était intelligente. Si au moins elle
avait un cerveau. Peut-être on se dirait qu’un jour ça s’arrangerait.
Mais non. Elle est là. Tout le temps. Avec sa tête à claque. Si seulement
on pouvait lui en mettre une ! Ca nous ferait du bien. Eh ! Laure Manaudou,
viens là, viens donc prendre ta tarte ! Tu la mérites. La France te doit bien ça. Mais non. Même pas. On peut que la subir.
Le pire c’est qu’elle est jeune et qu’elle veut continuer. Après la
gloire, elle a connu le ridicule mais elle veut plus. Elle fait du
cinéma. Elle veut qu’on parle d’elle. On n’y peut rien. On aimerait
bien couper à ça. Mais on peut pas. Sur internet elle est aussi. Laure
Manaudou, va-t-en ! Prends ta retraite ! Laisse-nous ! A moins que
dans 4 ans à Londres tu nous amuses autant que cet été…
LES ORIGINES DE LA COMMUNE
Par Stéphane Esserbé
Beaucoup d’ouvrages ont été écrits sur le déroulement dramatique de La Commune de Paris. Peu ce sont exclusivement attachés uniquement à ses causes. C’est ce qu’a fait, en 1960, Maurice Choury, dans cette remarquable étude qu’il convient de redécouvrir.
Lorsque
débute la guerre Franco-Prussienne en juillet 1870, nul ne se doute du désastre qu’elle constituera, ni qu’elle se terminera à
Paris en véritable guerre civile. La Commune en effet, qui eut lieu à Paris du 18 mars au 28 mai 1871, trouve ses origines
en grande partie dans ce conflit désastreux déclenché contre la Prusse
et qui aboutit, le 4 septembre 1870, à la fin du Second Empire. En partant de Sedan et en faisant un rappel sur la condition de la classe ouvrière sous le Second
Empire, Maurice Choury, dans ce livre, pointe jusqu’au 18 mars 1871
toutes les « erreurs » commises par le gouvernement de la Défense
Nationale dans sa conduite de la guerre contre les prussiens et particulièrement
pendant le siège de Paris. Ces « erreurs » en effet, qui exacerbèrent
la population parisienne résolue à défendre le territoire français
coûte que coûte face aux prussiens, coutèrent cher à la république
naissante. Elles furent si grosses et importantes qu’on est en droit
de se demander si elles ne furent réellement que des erreurs, le gouvernement
de la Défense Nationale s’attachant plus à veiller que le peuple de Paris reste muselé malgré sa résistance héroïque plutôt qu’à repousser les prussiens.
Il est flagrant de constater, dans ce livre, qu’à coup d’offensives mal préparées,
de demandes d’armistice prématurées, de redditions injustifiées, la volonté
de la Défense Nationale ne semblait pas être celle de combattre la Prusse
mais plutôt de rétablir l’ordre dans Paris devenue révolutionnaire et considérée
très vite à partir du 4 septembre comme le véritable ennemi. Trop de hasard,
trop de coïncidences étayent cette thèse que l’auteur défend tout au long
du livre : Paris, qui fut au cœur de la résistance de l’armée française après
Sedan, a été livrée à l’ennemi car devenue trop menaçante pour le nouvel
ordre établit. Cette trahison qui à aucun moment n’ose dire son nom semble
évidente, et invite le lecteur à relire une histoire qui mérite bien de l’être.
Stéphane Esserbé
L'ERRANCE PAR JEAN-RENE GODULE
Il fait beau à Paris. Il y a de la lumière. Je ne m’ennuie pas...
Je
vois les jours, prends le pouls de la ville. Cela tremble, frémit.
C’est un émoi de chaque instant. Il y a à Paris en effet toute cette
agitation. Cette vie constante. On est toujours surpris. De quartier
en quartier on voit des mondes très différents. C’est ce que j’aime.
Et que je ne puis fuir. Le matin je me lève, regarde à la fenêtre.
Je trouve ça beau. Déjà l’espoir renaît. Les gens vont. J’éprouve l’envie
de me noyer. Dans cette foule… Je me sens tout petit. Repensant au
désert je me dis : « C’est là l’humanité ! » J’en suis certain. La
ville… Je suis pourtant un solitaire. Mais, ici, je suis heureux. Heureux
de pouvoir vivre comme je le souhaite. Heureux de sentir tout ce monde.
Heureux de cette immensité. Je ne pourrais pas vivre ailleurs. Je dois,
chaque jour, baigner dans cette ambiance. De temps en temps je me souviens
des grands espaces mais ils m’effraient. Oui, la ville est tout à fait à ma mesure. Et
son agitation me sied. Le vertige ? Non. Il ne m’impressionne pas.
La démesure ? Non plus. Les bruits de pas m’enchantent. Et le nombre
me va. La multitude… Les paysages ne me manquent pas. J’aime, oui,
me sentir au cœur de la vie. Il y a tant. En marchant, à chaque instant
je fais des découvertes. J’entends des voix. Saisis des bribes. C’est
tout ce qui importe ; ces instants sont magiques. J’écoute. Je sens
et vois. Et ce que je peux prendre m’envahit. Des parfums. Et des images.
Pourquoi irais-je ailleurs puisque tout se trouve là ! Je tourne. Je
reviens sur mes pas. Mais cela vaut la peine. Tous les instants sont
différents. J’aime les visages et les sourires. Je les connais. Même
quand je les vois pour la première fois. Il y a un cri, quelque chose
de très familier. Nul ne s’y trompe. A ces sourires… Ils sont toute ma raison.
Et même lorsque le temps est triste je trouve d’autres trésors au coin des
rues. Des femmes qui passent, des inconnues. La ville est tout à fait intarissable.
Je ne m’en repais pas. Il y a toujours à découvrir. Un pan de mur, une cour
dissimulée. Dans le bruit des voitures, et dans l’agitation. Ailleurs cela
n’est pas pareil ; tout est trop net. Ici tout se mélange, et tous se mêlent.
Je fais partie du tout. Je reste en marge mais mon regard… Je suis là quand
même et j’insiste. C’est une histoire qui ne s’interrompt pas. Je suis vivant
quand même. C’est que ma vie est autre. Elle se place où très peu se tiennent.
Elle tient aux petites choses. Elle est imperceptible. Elle se fait aux nuances.
Se nourrit de faiblesses. Elle est d’humanité. Elle m’arrive indirectement.
J’habite un lieu sauvage. Et très peu me suffit. Je me nourris d’un rien.
Le travail ? Je ne connais pas. L’amour ? Il est fuyant. Il me reste l’errance.
Où mieux errer qu’en ville ? N’y a-t-il pas en ville sans cesse
toujours plus de spectacles ? Le reste… le reste n’est pas humain. Il ne
s’agit que d’artifices. Seule la chair compte. Et le temps qui s’écoule.
Pour moi errer c’est rattraper le temps, l’empêcher de s’enfuir. Ce qu’on
peut faire ne sert à rien. Tout se trouve là. Dans les murmures. Au long
des rues.
La citation de la semaine
"Avoir l'esprit philosophique, c'est être capable de s'étonner des événements habituels et des choses de tous les jours, de se poser comme sujet d'étude ce qu'il y a de plus général et de plus ordinaire."
Schopenhauer
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