N° 84 du 14/07/09

COMME LES AUTRES !


HUMEUR

La chronique d'Hector Plasma

Il y a peu, un certain Michaël J., chanteur à grand succès de son état, s’est tu à tout jamais...

 

Critique de livres : Comme les autres Nous en fûmes amusés, car une frénésie étrange alors s’est emparée de nos journaux les plus en vue. Comment ? Il est mort ? Non ! Pas possible. C’est horrible. Lui ? Oui. Lui. Comme les autres. Y’avait pas de raison. C’est pas parce qu’il chantait qu’il allait y couper. Il avait beau s’habiller bizarrement, avoir une drôle de tête et des goûts tout aussi bizarres, l’était pas immortel ! Quelle tristesse tout de même, ce grand génie ! Oh qu’ils nous en ont fait de grandes tartines nos bons journaux ! Tout juste rassasiés d’une catastrophe ils avaient un grand mort. Quelle aubaine ! On avait l’impression que c’était calculé. C’était super. Partout, on entendait que ça. Pour passer au travers fallait même pas sortir, car jusque dans la rue on jouait de sa musique au mort pas beau. Nous ca nous a rien fait. Sinon bien rire. De voir toute cette bêtise. D’entendre toutes ces sornettes ! Michaël J. il était comme Mozart, c’était un grand génie ! Sur le plan ridicule c’était certain mais pour le reste… Ca nous change pas la face du monde ! Et on s’en tape le cul parterre. Pauvre créature frêle ! Allez, Michaël J., au fond nous on te remercie. Tu nous as procurés un de ces bons moments. Le monde en est sorti plus pathétique. L’humanité juste un peu plus stupide. Super.

 

 

 


LIVRES

Marie Shelley
FRANKENSTEIN - Maxi poche - 222 pages - 13,50 €

 

Qui connaît la véritable histoire de Frankenstein ? Ou plutôt, qui a déjà lu l’œuvre originale de Mary Shelley dont est issu le mythe immortalisé sur le grand écran par Boris Karloff ? Peu de monde, sans doute. Et c’est dommage, car ce livre, fort différent de ce qu’on peut imaginer, est loin d’être inintéressant.

 

Critique de livres : Frankenstein

Loin du film qui donna au « monstre » les traits qu’on lui prête généralement, ceux de Boris Karloff, la lecture de ce livre en effet surprend. La facture de ce récit, écrit en 1817, est tout à fait classique. Il est bien construit et à aucun moment ne sombre dans l’horreur. C’est une histoire grave en effet que celle de Victor Frankenstein, qui, passionné par la science, va en oublier le bon sens le plus élémentaire en se lançant dans le projet dément de créer la vie. Une créature très laide et dotée d’une force et d’une résistance surhumaine verra le jour et malgré son apparence sera confrontée à la souffrance. Tandis que son créateur lui, rongé de remords n’aura de cesse de vouloir la détruire. Frankenstein. Le monstre. Le duo infernal est né. Et il s’agit bien du créateur et de sa créature. Du créateur tout puissant, et de la créature qui semble vouée à la souffrance. C’est donc d’un mythe dont il est question ici, de l’un des plus grands de la littérature. A savoir, celui de la créature qui s’insurge contre son créateur. Ajoutons à ce mythe le thème devenu classique de la science et de la conscience qu’il est nécessaire d’avoir pour en bien user, et toute la richesse de l’ouvrage nous apparaît. Sa modernité aussi. Tant sur le plan de la narration que dans l’écriture. Presque deux siècles après sa rédaction en effet, ce texte se lit sans la moindre difficulté. Même si l’on doit tenir compte du fait qu’il ne s’agisse pas ici du texte intégral et que certaines descriptions aient dû être allégées, le lecteur reste étonné de la limpidité avec laquelle Mary Shelley s’exprime bien avant que cela ne soit à la mode. Un grand texte donc, qui est aussi l’histoire de la folie des hommes. Une voyage.


Stéphane Esserbé

 

 


PROSE

LA VIE

PAR JEAN-RENE GODULE


Critique de livres : La vieJe me couche. J’entends les bruits. Ma vie se recompose. Qu’ai-je fait, aujourd’hui ? Je me souviens de ce matin. Il m’avait semblé gris. Pourtant j’étais sorti. J’avais marché. Et avais vu le jour. La fraîcheur… J’étais allé. Comme tous les jours j’avais vu tous les gens. Devant s’était ouvert le monde. Comme au premier matin il avait jailli brutalement. Les odeurs m’étaient arrivées. Les bruits m’avaient gêné. Je m’étais laissé emporté. Dans le métro je m’étais enfoncé. La ville… Engourdi, j’avais trouvé la vie. J’avais vu les visages, croisé quelques regards, esquissé un sourire. Une bouffée d’humanité m’était montée. J’avais trouvé le sens. J’étais conscient qu’il fallait s’oublier. Je ne le craignais pas. J’avançais, et me sentais heureux. Un vent de liberté me transportait.
Qu’ai-je fait ?
Je sens mon corps et la douceur me vient. Je me rappelle du soleil au couchant. Je revois l’horizon brûlant. Quelque chose en moi a crevé. J’étais las, prêt à m’abandonner.

Je m’endors. J’ai conscience de moi-même. J’éprouve la plénitude. Le sommeil est une autre vie. Et ce moment où l’on y plonge un rendez-vous avec soi-même. Je perçois toutes les choses. Les quelques bruits qui me parviennent sont doux. Et les images se mêlent. Instant, où le trouble enfin cesse.

 

 


CITATIONS

La citation de la semaine

"L'ordre ou le désordre dépendent de l'organisation, le courage ou la lacheté des circonstances, la force ou la faiblesse des dispositions."

 

Sun Tzu - L'art de la guerre

 

 




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