N° 77 du 08/03/09

CA VOUS DIT PAS ?


HUMEUR

La chronique d'Hector Plasma

Bon, la crise. Ca continue...


Maintenant, on essaie d’en prévoir la sortie. Troublant. Etait-elle planifiée ? Faisait-elle donc partie d’un plan ? Qui sait ? Toujours est-il… On en parle on en parle. Quand va-t-on en sortir ? Quand ça cessera-t-il ? Est-ce qu’enfin ca va remonter ? La bourse, la croissance et tout ça… Les experts réfléchissent. Ils essaient de comprendre. Sacrés experts. Ils prennent ça comme le reste comme un sujet d’étude. C’est hilarant. Ils font encore des prévisions. Et si ça s’arrêtait jamais ? Si on n’en sortait pas ? Ce serait drôle ! On serait bien forcé alors d’inventer autre chose. Regardez dans les îles ce qu’il nous font : une grève, une bonne grève, bien générale. Ca vous dit pas ?

 

 


LIVRES

Marco Carbocci
SUR LES EPAULES DU FLEUVE - Editions du héron - 88 pages - 9,50 €

 

Deux nouvelles sont au menu de ce recueil qui aurait fort gagné à n’en contenir qu’une, assez longue en tout cas pour être publiée seule…

 

En effet, si le premier texte du recueil est séduisant, c’est surtout le second, nouvelle titre, qui retient l’attention. Par son format, son ton, son style et sa beauté, il élude le premier. Plus long, il ressemble à un court roman et transporte le lecteur dans la Sicile de la fin des années 70.
Un jeune homme, recherché par la police car il ne s’est pas présenté à son service militaire, se cache dans le maquis dont il s’éprend du grand silence et des gens singuliers qui y habitent. En 70 pages, c’est un univers retiré, poétique et sauvage que le héros découvre, loin de l’agitation habituellement dévolue à la jeunesse.


On apprécie le style de ce texte, son rythme lent et l’atmosphère nostalgique qui le pénètre. Les choses simples y sont les plus importantes : « … je me sentais attaché au présent : à l’inertie de cette vie dans les collines et à l’inertie de ma propre existence. » Les seuls mouvements décelés sont en effet ceux de la nature. Et le héros comprend peu à peu que ce sont les seuls qui valent vraiment. C’est d’ailleurs le propos du livre, dans une histoire qui semble ne pas avoir de trame. Le silence, la paix de la nature sauvage de laquelle on ne devrait jamais s’éloigner au risque de se corrompre au cœur de l’agitation du monde des hommes. Le narrateur, le récit est écrit à la première personne du singulier, bien qu’il doive quitter le maquis en fin de récit, le sait, et en gardera à jamais un souvenir ineffable. Sans trop savoir ce qu’il cherche, sans bien non plus savoir ce qu’il fuit, il sait qu’il a tout à perdre à quitter ce paradis. Il le devra pourtant, sans toujours réellement savoir pourquoi. Il le fera mais en gardant intacts en lui le rythme et les silences de cette vie autre. « J’ai levé la main à mon tour et lui ai montré la direction du sentier dans les collines. Si tu peux imaginer un chemin aussi droit et long et beau et difficile, dis-toi que c’est exactement là que je suis. » conclut-il à la fin de ce texte très poétique.


Stéphane Esserbé

 

 


PROSE

LES RUES

PAR JEAN-RENE GODULE

Il fait beau et je marche. Je me sens bien et je triomphe. C’est l’été. Je suis dehors. C’est ce que je préfère. La vie est plus légère. J’ai décidé d’en jouir. Je ne vois plus les hommes. J’avance et je respire. J’ai survécu. Passé un hiver noir. Un matin je me suis levé la lumière était là. Spectacle et joie. Ca y était. J’ai pu sortir. Dehors j’ai tout redécouvert comme au premier matin. J’ai oublié et tout recommencé. A présent je jubile. Je rentre au cœur du monde. Je ne compte plus les heures et suis vivant. Autour s’offre la ville. C’est là je crois que se joue toute ma vie. A Paris. Dans ces rues. Le bruit. Les rues. Leurs perspectives. Leur labyrinthe. Oui j’aime la foule. Car elle me grise. Et puis cette rumeur. L’été lorsqu’il fait beau tous se libèrent et j’aime le ressentir. Je vais marcher. Je n’ai pas peur. Les spectacles m’emportent. Je suis l’asphalte. Toutes les odeurs. Et le soleil. Comment ai-je pu les oublier ? La lumière m’éblouit. J’ai soif. J’observe. J’aime cet instant. Les autres… Les passants filent. La ville s’agite. J’ai bien compris. Je vais et je regarde. Tout ce temps, toutes ces années, ils ont passé si vite. Et je suis toujours là ! Ce n’est pas grave. Tout recommence éternellement. Ce beau spectacle… Une aventure. Toute l’année il manque tellement de temps. Les minutes sont précieuses. Marcher, toujours marcher. Encore. Les rues…

 

 

 


CITATIONS

La citation de la semaine

"...une femme est bien mieux lotie quand elle hérite d'une carotte fraîche plutôt que d'une courgette ramollie !"

 

Saadi - Poète persan du XIIè siècle

 

 




[F.A.Q.|Mentions légales|Contacts|lenonsens|Liens|Plan du site]