N° 91 du 29/11/09

LE PETIT HOMME, LE GRAND HOMME ET LA PRINCESSE


HUMEUR

La chronique d'Hector Plasma

En 1943, dans un numéro spécial de Confluences dans lequel il s’exprimait sur le roman français, Albert Camus écrivait « Etre classique, c’est en même temps se répéter et savoir se répéter. »

 

Critique littéraire : Le petit homme, le grand homme et la princesse Prenant comme exemple Madame de Lafayette, il expliquait pourquoi souvent ce roman français, lorsqu’il tendait à être classique, semblait emprunter les voix de la monotonie à priori rébarbative à certains lecteurs. Pour Camus, Madame de Lafayette est en effet un des plus grands exemples du roman classique français, et à ce titre un auteur remarquable. Nulle surprise donc, qu’au nonsens, on s’étonne, suite à certaines phrases prononcées par un certain petit homme au sujet de Madame de Lafayette il y a un certain temps, de la subite volonté de transférer les restes d’un auteur dont les valeurs sont notoirement contraires à celles incarnées par le dit petit homme. Nouvelle imposture donc, nouvelle posture d’un homme en quête de grandeur et qui nous ménage toujours de beaux effets communicants. Nouveaux mensonges et nouvelle honte, lavée heureusement pour le moment par les héritiers du grand homme. Nouveau symbole aussi, qui nous montre qu’il faut continuer à résister.

 

 

 


LIVRES

LOLITA PILLE
BUBLE GUM - LE LIVRE DE POCHE - 281 pages - 6 €

 

Critique littéraire : Buble Gum

Comme Rastignac, elle veut conquérir Paris. Elle veut briller. Et devenir quelqu’un. Elle veut aller très vite. Elle vit de plus au XXI ème siècle aussi son rêve est-il de faire du cinéma. Elle fuit donc, monte à Paris, sert un temps dans un café. Et puis rencontre un homme. Celui-ci n’est pas comme les autres. Il est riche et célèbre. Et cherche une victime pour réaliser une entreprise machiavélique. L’histoire commence. Elle va être terrible. Manon ainsi à son insu va être l’objet d’une incroyable manipulation totalement pensée par l’imagination de Derek, milliardaire schizophrène en mal de divertissement. Manon va réaliser son rêve, et comprendre qu’il n’était pas au fond ce qu’elle voulait. Et à quel prix ! Objet d’un mise en scène visant à la détruire, elle ne va devoir son salut que grâce à une autre mise en scène, qui, en lui donnant l’impression d’être sauve, va faire d’elle un jouet plus courant. Avec ce deuxième livre, Lolita Pille suit les traces de son premier.

 

C’est en effet un monde peuplé de milliardaires, de célébrités, de personnages puissants qu’il nous est donné de découvrir. Un monde dans lequel beaucoup d’entre nous projettent leur rêve. Mais un monde au bout du compte artificiel et dégénéré. Tout en effet y est factice et vouloir y percer ne mène guère qu’à sa perte. Y faire carrière, c’est céder aux chants des sirènes. Gare à celui ou à celle qui se laisse tenter. Il y a une plus grande maîtrise dans ce livre. Et l’on voit mieux où Lolita Pille veut en venir. Elle nous dépeint un monde qu’elle exècre. A sa manière. On est touché, même si la fin nous laisse sur la notre. Il y a du rythme, des envolées, et on le sent, une forme de vécu. Lolita Pille ne triche pas. Et c’est sa principale qualité. Lire ce livre n’est donc pas uniquement sacrifier à la mode littéraire, mais aussi l’assurance d’en avoir pour son argent…



Stéphane Esserbé

 

 


PROSE

LA FIN

PAR JEAN-RENE GODULE


Critique littéraire : La fin

La catastrophe est proche. Autour la lumière gronde. L’apocalypse est pour demain. La nuit peut arriver. Tout peut crouler. Le ciel est noir. Et l’horizon… Je ne crois pas en mon étoile. Les nuits sont tristes. Les jours sont tous les mêmes. J’abandonne mon esprit. Chaque jour, chaque geste me coûte. Ce que je vois m’attriste. Le ciel menace. Et l’horizon vacille. Je me sens déjà mort. Les hommes me semblent dérisoires, leur destin illusoire.
Ce sont des jours, des nuits qui passent, des poignées de secondes. Autour les gens se pressent. Nul ne le voit.


 

 


CITATIONS

La citation de la semaine

"Chaque homme défend sa place et flaire dans tout autre un rival."

 

Gabriel Chevallier - La peur

 

 




[F.A.Q.|Mentions légales|Contacts|lenonsens|Liens|Plan du site]