04/11/08

LE LIBERALISME N'EST PAS UNE FATALITE


HUMEUR

Par Otto Didakt

La chose est entendue. Nul, apparemment, ne peut y échapper. Le progrès, le développement d’une société ne peuvent être accompli qu’en épousant la voie inexorable du libéralisme. On le dit et on le répète assez. L’état providence est mort. La donne a changé...

 

Le chacun pour soi triomphe. Et la loi du plus fort avec. C’est ce que l’on enseigne dans beaucoup d’écoles : pour réussir, il faut se battre. L’heure n’est plus à l’assistanat. Il faut se secouer, travailler, s’échiner. Et se taire. Gare à ceux qui ne sont pas d’accord. Ils se trompent. Si l’on veut, on peut y arriver. Telle est, aujourd’hui, la société qu’on veut nous imposer. Evidemment, il s’agit là d’une imposture. Le libéralisme n’est pas une fatalité. Et nul, dans l’absolu, n’est obligatoirement tenu de s’y soumettre. Le mal vient du fait qu’actuellement on arrive à faire croire qu’aucune alternative crédible au libéralisme ne puisse exister. Après la faillite du système communiste, ce qu’on a appelé la mondialisation et qui n’est rien d’autre qu’un développement à l’échelle mondiale du libéralisme sauvage s’est peu à peu instaurée sans rencontrer la moindre résistance. On vend. On échange. On monétise. Tout a un prix. Tout s’achète. C’est du moins ce que l’on cherche à faire croire, au plus grand bénéfice d’« entrepreneurs » sans scrupules placés là où il faut pour s’enrichir toujours plus. On n’a pas le choix. C’est comme ça : pour vivre, il faut travailler. Et pour travailler, il faut créer des richesses, même artificielles. Rien ne doit entraver la marche du commerce. Le monde ne doit plus être qu’un grand magasin. Il faut devenir consommateur ou producteur. Entre deux, point de salut. Il faut être fort ou faible. Comme dans le métro aux heures de pointes.

 

C’est oublier les rudes leçons du passé. Des guerres, et la plus meurtrière de toutes en partie (la Seconde Guerre mondiale) ont par le passé éclaté consécutivement à des périodes de libéralisme sauvage. Le libéralisme porte la guerre en lui, et si rien ne se montre capable de freiner son essor, il n’est guère qu’une fuite en avant aux conséquences incalculables. Sur tous les plans : humain, écologique, et même économique. Le libéralisme est un crime auquel il est tout aussi criminel de consentir ou de se résigner. Certes, il entérine, dans les faits, ce qu’il y a de plus mauvais en l’homme. Il bâtit un monde en acceptant l’homme tel qu’il est et sans chercher à l’élever. Les plus forts, les mieux nés s’en sortent, tandis que les autres meurent. Mais que fait-on de l’esprit ? Cette force irrationnelle, insaisissable, qui fait que l’homme n’est pas un animal. Que fait-on du bon sens et de l’intelligence ? On les nie. On les sacrifie. Seuls le profit et l’argent comptent. Il n’y a plus de vraies valeurs. Aucun repère. Il faut toujours être en train d’œuvrer à l’accroissement de nouvelles richesses dont la production a des conséquences toujours plus destructrices. L’homme n’a plus d’âme. Il doit être soumis. On exige simplement de lui qu’il consomme. Est-ce là un vrai projet de société ? Ou bien une nouvelle forme de totalitarisme ? Une perspective bien terrifiante en tous les cas. Où l’espoir n’a pas place. Qu’adviendra-t-il ? Les leçons de l’histoire n’ont-elles donc pas suffit ? Apparemment pas.


 

 


LA CRISE

Par Hector Plasma

 

Alors ça y est, on lui a trouvé un nom. On appelle ça la crise de la finance. Les médias l’ont appelée ainsi. Et ils le mettent à toutes les sauces. C’est grave...

 

On n’avait pas vu ça depuis 80 ans. Tout le système est ébranlé. On n’en réchappera pas. C’est une catastrophe. Et tous d’y aller de leur une : « La crise, la crise, tout sur la crise ! Vous ne comprenez pas ? Venez on vous explique ! » Mais cette crise c’est quoi ? C’est fi-nan-cier. Et le pis, c’est que cela va affecter la vraie économie ! L’économie réelle ? Oui. Cela signifie donc qu’il y a deux économies, une qui n’existe pas, et l’autre qui existe ? Bizarre. Ce qui se passe alors, outre que les journaux en parlent à tout va sans rien comprendre et parce que ça fait vendre, n’est-ce pas bien plus qu’une crise de la finance ? Est-ce que ce serait pas tout simplement qu’un truc pourri est en train de crever ? Ca fait des lustres, des mois et des années qu’on nous ressasse les mêmes rengaines : il faut déréguler, tout pouvoir vendre, et tout pouvoir acheter. Il faut privatiser. L’Europe, le monde, doivent être libéraux. Il faut penser à la croissance ! Et les flux financiers, pour ça c’est capital, même s’ils n’ont rien à voir avec le monde charnel. Le monde, le vrai, ce qu’on appelle réalité. Vous vous souvenez ? Ah oui ! Ben ça existe finalement. Ca veut dire quelque chose. On peut pas indéfiniment spéculer sur du vent. C’était bien prévisible non ? La crise ? Ca faisait bien longtemps qu’elle nous pendait au nez, alors pourquoi s’en étonner ?

 

 

 




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