Laurent Guillaume

Mako – Les Nouveaux auteurs – 330 pages –17, 90 euros

Attention. Tous les livres ne sont pas bons à lire. Même les très bons. Ils peuvent  emmener loin, se montrer terrifiants, et faire frémir. C’est le cas de Mako, de Laurent Guillaume. Excellent livre. Polar étourdissant qu’on lit avec passion…

Mako, c’est tout d’abord un homme. Un policier de nuit, affecté à la BAC, qui aime l’action et les endroits sordides. Il n’est plus jeune mais pas encore tout à fait vieux.  Désabusé, il n’a que son travail qui est aussi sa seule passion. Personnage principal de ce roman, Mako n’est pas un tendre. Il n’a pas peur de donner des coups et pas plus d’en recevoir. Il aime prendre les truands en flag et a un coté justicier. Avec ses équipiers il forme une équipe redoutable et redoutée. Mais il va trouver des adversaires à sa mesure lorsqu’il va être confronté à un gang de trafiquants serbe anciennement auxiliaires de l’armée française au moment de la guerre du Kossovo.

Scénario haletant

C’est alors tout un scénario complexe qui se met en branle, au cours duquel de nombreux personnages, gangsters ou policiers, vont croiser le chemin de Mako. Trafiquants, prostituées, magistrats, flics blasés se côtoient dans ce vaste tableau d’un monde où la violence règne et où la nuit domine. Ce livre est un voyage, une fuite en avant, dans laquelle nous entraîne Mako. A chaque page, un pas nouveau est fait vers l’inéluctable. Une catastrophe qu’on sait nécessaire, redoutée et attendue à la fois. Jusqu’où va aller Mako ? Combien de temps la nuit va-t-elle durer ? On frémit à la lecture de ce livre. Tant on sait que le pire va arriver. Mako va-t-il survivre ? Justice sera-t-elle faite ? Et quand bien même, existe-t-il une justice ? Ce sont ces questions, qui, durant tout le livre, ne cessent de se poser.

Suspens

Bien sûr le suspens est là, ainsi que tous les ingrédients qui font d’un livre un polar. Mais il y a encore plus. Mako n’est pas seulement un excellent polar, mais également un excellent livre. L’humanité y est en effet dépeinte avec beaucoup de force, et les qualités du récit font montre d’une impressionnante capacité d’orchestration de la part de l’auteur. Le style, même, parfois étonne. D’une plume sèche et limpide, l’auteur en effet sait varier les rythmes et amener doucement des moments d’une rare intensité. A la fois travaillé et lisible, c’est d’un trait pur que le scénario se noue. Des histoires d’hommes, de femmes se mêlent ainsi les unes aux autres, dans une tourmente que seul un dénouement sanglant mais salutaire viendra interrompre. Car oui, au bout du comte, il y a une vie après Mako, et ce-dernier le découvrira d’ailleurs lui-même. Après le bain de sang, le grand nettoyage fait, le jour revient, la vie reprend.  Au final Mako retrouve la lumière, et le lecteur n’en n’est pas fâché.

Stéphane Esserbé

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