BIEN
La chronique d'Hector Plasma
Ils ont dit oui. Finalement, ils ne sont pas si bêtes. Pas comme les français (oh ceux-là !). C’était juste une erreur, un geste de mauvaise humeur. Finalement, l’Europe, c’est bien.
Y’a guère que quelques irréductibles pour faire croire le contraire ! Hein, l’Europe. Ca compte. C’est pas mort. Ca existe. Si on fait des référendums c’est pas pour rien ! Y faut dire oui, sinon ca sert à rien. C’est ça la démocratie. On fait voter. On vous fait ratifier, et hop, ça y est. C’est comme ça que ca marche. On laisse un bulletin non juste pour faire comme si. Mais c’est oui qu’il faut dire. Il y a rien d’autre à faire. Les irlandais l’ont bien compris. Les autres finiront bien par faire de même. Il n’y a plus qu’en France… Mais en France… En France c’est pas pareil. Quand on dit non une fois on fait comme si de rien n’était. On fait une nouvelle loi qui permet autre chose. Rien de plus démocrate ! Nous franchement on n’y comprend rien. Pourquoi demander notre avis si c’est pour faire comme si qu’on disait oui ! Hein ! Au fond, les irlandais, ils ont sûrement voulu être tranquilles et se débarrasser. Sinon pourquoi après avoir dit non ils nous auraient dit oui ?
Laurent Guillaume
MAKO - LES NOUVEAUX AUTEURS - 311 pages
- 17,90 €
Attention. Tous les livres ne sont pas bons à lire. Même les très bons. Ils peuvent emmener loin, se montrer terrifiants, et faire frémir. C’est le cas de Mako. Excellent livre. Polar étourdissant qu’on lit avec passion…

Mako, c’est tout d’abord un homme. Un policier de nuit, affecté à la BAC, qui aime l’action et les endroits sordides. Il n’est plus jeune mais pas encore tout à fait vieux. Désabusé, il n’a que son travail qui est aussi sa seule passion. Personnage principal de ce roman, Mako n’est pas un tendre. Il n’a pas peur de donner des coups et pas plus d’en recevoir. Il aime prendre les truands en flag et a un coté justicier. Avec ses équipiers il forme une équipe redoutable et redoutée. Mais il va trouver des adversaires à sa mesure lorsqu’il va être confronté à un gang de trafiquants serbe anciennement auxiliaires de l’armée française au moment de la guerre du Kossovo. C’est alors tout un scénario complexe qui se met en branle, au cours duquel de nombreux personnages, gangsters ou policiers, vont croiser le chemin de Mako. Trafiquants, prostituées, magistrats, flics blasés se côtoient dans ce vaste tableau d’un monde où la violence règne et où la nuit domine. Ce livre est un voyage, une fuite en avant, dans laquelle nous entraîne Mako. A chaque page, un pas nouveau est fait vers l’inéluctable. Une catastrophe qu’on sait nécessaire, redoutée et attendue à la fois. Jusqu’où va aller Mako ? Combien de temps la nuit va-t-elle durer ? On frémit à la lecture de ce livre. Tant on sait que le pire va arriver. Mako va-t-il survivre ? Justice sera-t-elle faite ? Et quand bien même, existe-t-il une justice ? Ce sont ces questions, qui, durant tout le livre, ne cessent de se poser.
Bien sûr le suspens est là, ainsi que tous les ingrédients qui font d’un livre un polar. Mais il y a encore plus. Mako n’est pas seulement un excellent polar, mais également un excellent livre. L’humanité y est en effet dépeinte avec beaucoup de force, et les qualités du récit font montre d’une impressionnante capacité d’orchestration de la part de l’auteur. Le style, même, parfois étonne. D’une plume sèche et limpide, l’auteur en effet sait varier les rythmes et amener doucement des moments d’une rare intensité. A la fois travaillé et lisible, c’est d’un trait pur que le scénario se noue. Des histoires d’hommes, de femmes se mêlent ainsi les unes aux autres, dans une tourmente que seul un dénouement sanglant mais salutaire viendra interrompre. Car oui, au bout du comte, il y a une vie après Mako, et ce-dernier le découvrira d’ailleurs lui-même. Après le bain de sang, le grand nettoyage fait, le jour revient, la vie reprend. Au final Mako retrouve la lumière, et le lecteur n’en n’est pas fâché.
Stéphane Esserbé
TRES PEU DE CHOSES
PAR JEAN-RENE GODULE
Il se lève un matin comme je les aime. Une douceur. De la lumière. Et le ciel bleu. Je suis libre, et prêt à vivre. J’ai oublié. Comme au tout premier jour je vois le monde. Que vais-je y faire ? Très peu de choses. Je vais marcher. Je vais errer. M’abandonner. Mieux respirer. Je vais prendre mon temps. Je vais sourire. Chaque seconde est précieuse. Je me sens neuf et accompli. Il n’y a plus de temps. Rien que l’éternité. Des millions de minutes. Une pluie de ciel. Des horizons. Mille vies. Des signes.
La citation de la semaine
"L'objet le plus le plus lourd du monde n'est autre qu'un coeur lourd..."
John Burroughs - Voir les choses
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