OUF !
La chronique d'Hector Plasma
Alors, comme ça on est sauvé. On l’a échappé belle. Finalement, c’est pas pour ce mois-ci ! Quelle aubaine ! Alors que tous les autres y ont eu droit, nous, on en réchappe.
La France c’est officiel n’entrera pas en récession en 2008. La croissance est là, avec il nous semble, quelque 0,14 et des poussières de %. C’est une vraie nouvelle. Ca change tout. Et nous sauve. Sacrée croissance, quand tu nous tiens… Tu es farceuse. Quelle blague franchement ! Tu menaçais de disparaître et finalement tu es venue. On comprend pourquoi tu es femme. On ne peut-être sûr de rien avec toi. Les ministres, les chefs d’état, économistes et autres experts ont de quoi s’arracher la tête. Mais heureusement les bons français consomment. Ils sont disciplinés et sont conscients de leur devoir civique. Ils savent que la croissance c’est important. Et ils connaissant les trucs pour la faire revenir un peu alors qu’elle était sur le point de nous quitter. Sacrés français. Ils font beaucoup d’enfants au moment où les autres n’en font plus. Ils consomment, pendant que les autres s’arrêtent. Ils se mettent en grève, quand tout le monde travaille. Ils sont imprévisibles. Des fois c’est embêtant mais quelquefois ca nous réserve des surprises. La croissance les amis, la croissance ! Vous trouvez pas que c’est génial ? Elle l’a bien dit d’ailleurs notre ministre. La France ne se porte pas si mal. Et à l’approche des fêtes où à nouveau on consommera sans doute beaucoup ça nous donne de l’espoir. Pas vrai ?
Joris-Karl Huysmans
SAINTE LYDWINE DE SCHIEDAM - A rebours - 347 pages
- 20 €
Pourquoi, lorsqu’on se fait appeler Joris-Karl Huysmans et qu’on écrit depuis longtemps des livres dont plusieurs ont défrayé la chronique, écrit-on un jour une hagiographie ?
C’est sans doute la question qu’il faut se poser à la lecture de « Sainte Lydwine de Schiedam », ouvrage dans lequel, à la fin de sa vie, Huysmans évoque celle de Lydwine de Schiedam, véritable incarnation de la loi de la substitution mystique qui conduit à endosser tous les péchés du monde pour racheter l’humanité.
Différent de bien de ceux qu’à pu écrire Huysmans, ce livre est sans surprise. Le lecteur en effet, n’y faisant que suivre le cheminement de Lydwine, qui, livrée aux maux les plus terribles passe par toutes les phases de la souffrance physique jusqu’à la décomposition de son propre corps.
Après un bref rappel historique de la situation de l’Europe au début du XVe siècle, Huysmans, reprenant les récits de trois religieux ayant déjà retracé la vie de Lydwine, s’en tient là. C’est que Huysmans, en 1891, contre toute attente, s’est convertit au catholicisme. Il y a donc deux Huysmans, celui d’avant, et celui d’après sa conversion. Et c’est manifestement au second auquel le lecteur à affaire avec cet ouvrage.
Commencé en 1897, ce dernier, s’inspirant des récits de Jan Gerlac, Jan Brugman et Thomas A. Kempis a toutefois été enrichi par l’auteur par une enquête menée lors d’un voyage qu’il entreprit sur les traces de Lydwine en Hollande, pays de ses origines, et qui le ramena aux sources de son être.
On est étonné, à sa lecture, de penser qu’il est de la même plume que celle qui créa Des Esseintes, héros d’« A rebours.» Et l’on comprend mieux ce que disait Barbey d’Aurevilly au sujet de Huysmans, à savoir qu’il était suspendu entre deux abîmes, acculé à faire un choix « entre la bouche d’un pistolet ou les pieds de la croix… »
Le principal intérêt de ce livre est bien là. Et si, comme le souligne le préfacier, il est possible qu’avec lui il « s’opère en Huysmans la révélation d’une image transcendante de la femme », les inconditionnels du Huysmans qui tendait à choisir la bouche du pistolet, en restent pour leurs frais.
Stéphane Esserbé
UN JOURNAL
PAR JEAN-RENE GODULE
Je suis absent. Il n’y a plus autour de moi qu’une rumeur. Je ne m’en soucie pas. Je manipule les pages. Ce que je lis n’importe pas. Ce qui compte c’est le temps. Je ne sens plus le monde. Mon âme est libérée. Je ne suis qu’un esprit. Nul ne prête attention à moi. Ma présence est discrète. Je bouge si peu. Et ma voix… On m’oublie.
La citation de la semaine
"... la passion porte le germe de la destruction."
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