N° 78 du 29/03/09

QUAND LES MINISTRES NE SONT PAS CONTENTS...


HUMEUR

La chronique d'Hector Plasma

Les ministres ne sont pas contents. On n’est pas gentils avec eux...

 

On ne les respecte pas. On les insulte. On n’a aucune considération pour leur travail. On les conspue, les ridiculise et cela sur la place publique. Encore la faute à internet. C’est y pas scandaleux. De voir les gens tout dire, tout écrire, comme ça, en toute impunité, sur d’autres qui se donnent tant de mal pour notre beau pays. Mais où va-t-on ? Il faut que cela cesse. Il ne suffit donc plus de la surveiller cette fameuse toile. Il faudrait, en plus, la museler. C’est que c’est gênant à la fin ces vidéos et ces articles, ces révélations. On pourrait presque croire que les médias sont encore libres. Ca peut être dangereux. Vous rendez-vous compte ! Peut-être, qu’à force tout le monde va comprendre. Peut-être, qu’enfin, tout le monde se décidera ? On ne peut pas laisser faire ça. Les ministres ne sont pas contents non ; ils demandent des noms. Ils veulent savoir. Ils exigent des sanctions. Mais en même temps… Le peuple lui non plus n’est pas content. Il gronde. Et ce qu’il va réclamer bientôt, ce seront sans doute des têtes !

 

 


LIVRES

Joël Cornuault
ELISEE RECLUS, ETONNANT GEOGRAPHE - FANLAC - 155 pages - 19 €

 

Qui était Elisée Reclus ? Cette question, nous sommes bien peu à nous la poser encore, tant ce nom a sombré dans l’oubli. Et pourtant…

 

Elisée Reclus, géographe d’un autre temps, d’une époque où les savants n’étaient pas spécialisés au point de ne pouvoir connaître qu’une seule et même matière, appartient à cette sorte d’érudit qui s’intéressait à la science d’une manière générale tout en se présentant comme géographe. S’étant fixé lui-même « la mission médiatrice du savant moderne, intermédiaire entre l’élite du savoir et la masse des hommes où il devrait se fondre », son engagement anarchiste fit aussi de lui un homme prônant le respect de l’environnement avant que cela ne soit la mode. Elisée Reclus en effet, est un géographe poète, qui aime évoquer les paysages en des termes qu’un géographe aujourd’hui n’utilise plus. « La géographie physique est pour ainsi dire l’histoire de l’humanité rendue visible », écrit-il en 1858. Et il définit ainsi toute sa philosophie. Elisée Reclus a le souci de l’humain. Il n’envisage pas de faire de la science un objet d’étude sur lequel on doive travailler sans jamais sortir de chez soi ou en restant enfermé dans un laboratoire. Il a besoin d’en mesurer les champs d’application et d’en contempler tous les espaces. A la manière d’un poète, il éprouve également le besoin d’en parler, mais pas comme les scientifiques modernes. Il veut faire comprendre à l’homme à quel point sa planète est belle. Tout est mêlé pour Elisée Reclus. Et la beauté pour lui peut aussi bien se trouver dans le simple fait d’étudier. Elisée Reclus reste un homme avant d’être un scientifique. Et ses relations avec certains artistes, Frantisek Kupka notamment, qui illustra « L’homme et la terre » après la mort de Reclus, montrent aussi qu’il était un créateur. Ce portrait attachant du géographe est avant tout celui d’un type d’homme à la conscience éclairée dont on peine aujourd’hui à trouver l’équivalent et qu’on apprécie.


Stéphane Esserbé

 

 


PROSE

MOI EN FEMME

PAR JEAN-RENE GODULE

C’est moi en femme. J’en suis sûr. Quand je la vois je le sens. Elle me fait peur. Brrr quelle horreur ! Moi… En femme ! Je déteste les femmes. Elles sont si fausses. Elles me dégoûtent. Et celle-là… Elle me semble impudique, sans gêne. Elle est vulgaire. Et me poursuit. Que me veut-elle ? M’asservir ? Je ne sais. Sa présence me dérange. Je l’ai vue la première fois un matin. En partant elle m’a suivi. Elle riait. Se moquait-elle de moi ? J’en suis sûr. Je le savais. Elle était là pour ça. Son physique… Tout en elle me répugne. Je n’arrive pas l’éviter. Le pis est qu’il me semble la connaître. Ses traits… Sa bouche… Elle rit chaque fois, et me montre du doigt. En la voyant j’ai honte. De quoi ? Il me semble… Elle veut dire quelque chose. Elle m’apporte un message. Tu seras puni ! Semble-t-elle vouloir dire. Tu n’y échapperas pas ! Toi… Moi ? Qu’ai-je fait ? Je tremble. Il faut dire… J’ai longtemps rêvé d’elle. Je l’ai vue très souvent. Elle approchait et me mordait. Ses dents étaient terribles. Quand je sentais son souffle… C’était dans le plus affreux des cauchemars, qui revenait souvent. J’étais paralysé. Je ne comprenais pas. J’avais fait quelque chose. Cela ne s’expliquait pas. En cherchant… Avais-je toujours été bien franc ? Il me semblait… Oui. J’avais sombré. J’avais enfoui l’espoir. Je m’étais résigné. Et cette femme… Elle était apparue. Pourquoi ? Et pourquoi moi ? Elle me surveille. Et chacun de mes gestes… J’hésite. Je devrais m’approcher. Mais non. Quelque chose en elle me retient. Parfois elle danse et me regarde. Elle me montre son sexe. Finalement il m’attire. J’y entre et m’en délecte. Oh oui. La fureur me reprend. La haine. Je revois son visage. Elle est nue. Son corps exulte. Au fond je l’aime.

 

 

 


CITATIONS

La citation de la semaine

"L'honnêteté - cela aussi je l'ai lu quelque part - est la condition préalable à tout art de qualité."

 

David Albahari - Mrak

 

 




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