N° 93 du 03/01/10

BONNE ANNEE...


HUMEUR

La chronique d'Hector Plasma

Cela fait la quatrième année. Quatre ans déjà que lenonsens est là pour essayer de préserver un peu de vérité en ce bas de monde.

Critique littéraire : Bonne année

Qui l’aurait cru ? Pas nous en tous les cas. C’est montrer à quel point les impostures et les mensonges font partie de cette existence. Il se trouve toujours quelque chose à dire. Seul le temps manque pour le dénoncer toutes. Et ce n’est pas à l’aube de cette nouvelle année que les choses vont changer. Bonne année donc, dans le mensonge et l’imposture. Bonne année malgré tout. Avec, heureusement, de nouveaux livres (des vrais) à découvrir. En 2010 oui nous serons toujours présents. Contre vents et marées. Seuls. Et s’il n’en reste qu’un comme disait l’autre… Gageons que nous saurons encore avoir quelques lecteurs. Espérons, qu’enfn, nous serons entendus (l’espoir fait vivre !) Bonne année. Souhaitons-nous d’être là encore longtemps !

 

 

 


LIVRES

E.T. A. Hoffmann
LE CHOIX D'UNE FIANCEE – 157 pages - Sillage 12,50 €

 

Critique littéraire : Le choix d'une fiancée

Durant sa courte vie, Hoffmann écrivit de nombreux contes. Celui-ci, rédigé lors de l’une des périodes les plus fécondes de sa carrière, le fut alors qu’il maîtrisait totalement son art. Pétri de tout ce qui fait le style de ses contes (ambiance fantastique notamment), il aborde le thème de la fiancée et est à l’image de toute une œuvre…

Dans ce conte en effet, l’ambiance est étrange. A mi chemin du burlesque et du fantastique, avec des personnages de type familier chez Hoffman (l’artiste, l’orfèvre, la jeune femme), le tout mis en scène dans un récit remarquablement bien mené, le thème de la fiancée est traité de façon originale. Si l’ouverture surprend, le lecteur comprend vite qu’il s’agit d’une histoire de mariage arrangé dont l’intrigue, pleine de rebondissements, va constituer le cœur du récit. Trois personnages différents convoitent en effet les faveurs d’une jolie demoiselle, elle-même fille d’un respectable conseiller commercial. Celui-ci ayant promis la main de sa fille à l’un d’entre eux, qui n’est pas celui à qui vont les faveurs de la demoiselle. Si le scénario est à priori peu original, la patte d’Hoffman, qui réussit à faire évoluer son intrigue dans une ambiance tout à fait digne de ses contes les plus fantastiques, lui confère une limpidité dont l’apparente simplicité fait toute la force. Avec des personnages très présents, des situations classiques parfois traitées sur le ton d’un burlesque plus moderne, c’est en effet une œuvre singulière que le lecteur découvre. Pleine d’humour, elle n’est de surcroît pas morale et se laisse savourer comme une impertinence. Le choix de la fiancée au final étant réglé par un tirage au sort qui désigne l’heureux élu. Ce tirage au sort, savamment manipulé par le personnage interlope du récit, l’orfèvre, dont les pouvoir mystérieux s’apparentent en bien des points à ceux du diable, au bout du compte ne menant à rien puisque chacun des trois prétendants, qu’ils aient été « dédommagés » comme les deux premiers ou élu comme le dernier, se verront de toutes façons éloignés de la jeune amoureuse, laissant la voie libre à un quatrième prétendant. Très moderne, ce conte étonne par son mordant et le savant mélange qui en fait toute la réussite. C’est une pièce classique, qui se doit d’être lue comme telle.



Stéphane Esserbé

 

 


PROSE

LES CHOSES

PAR JEAN-RENE GODULE

Critique littéraire : Les choses

Je reste souvent là, à regarder les choses. Absent j’oublie, ne sais plus qui je suis. Je rêve et me sens interdit. Il semble que j’existe ailleurs. Ici je ne suis pas tout à fait moi. Dans mon esprit c’est différent. Ma présence n’est pas pleine. Il y a tant de choses. Rester à ne rien faire révèle ce que l’on cache. L’inaction est propice. L’oisiveté sauve. Fixer un objet longuement dévoile la vraie nature du monde. Une autre dimension. Je m’arrête. Ma conscience s’ouvre. Je réalisai.


 

 


CITATIONS

La citation de la semaine

"La connaissance est étrange : elle s'accroche à l'esprit dès qu'elle l'a touché, comme le lichen sur le rocher."

 

Mary Shelley - Frankenstein

 

 




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