HISTOIRE DROLE
La chronique d'Hector Plasma
Dans le métro c’est bien connu y’a pas de place.....

Pour qui va travailler tous les matins – du moins dans notre capital – c’est pas facile. On se bouscule, se heurte, se cogne. Des gens bien habillés, lisses, propres, qui d’un seul coup se battent pour pouvoir aller travailler… Ca fait longtemps déjà que c’est comme ça. Chacun le sait. Et la RATP qui sans arrêt se félicite et fait de belles campagnes de pub sans oublier d’augmenter ses tarifs aussi. Mais ça ne change rien. La jungle, c’est pour les petites gens. Trop de voitures dehors ! La pollution ! Prenez les transports en commun ! Ben oui mais on peut pas monter. Et on arrive en retard pour travailler… C’est pas grave. Faut juste se tasser un peu et respecter toutes les consignes. Bientôt ça ira mieux. On s’en occupe de ce problème. Même les ministres sont sur le coup.
Tu parles !
C’est d’ailleurs ce qui nous amène. Ils sont si bien au fait de ce problème nos chers ministres que l’un d’entre eux cette semaine nous l’a montré en proposant de faire ce qui déjà existe ! Pas mal. Sachant qu’en plus c’est en période électorale et que cette histoire de transports est un thème fort de la campagne ça en dit long ! Est-ce qu’ils pourraient pas, les ministres, prendre un peu le métro avant de dire n’importe quoi ? Nous on croit, au nonsens, que ça leur ferrai le plus grand bien.
Daniel Lefeuvre
HISTOIRE ACTUELLE
POUR EN FINIR AVEC LA
REPENTANCE COLONIALE – 220 pages - Flammarion - 18 €

L'affaire du film « Indigènes » ayant conduit le président de la République a proposer et réaliser l’augmentation de la pension des anciens combattants concernés, au sortir de la salle de projection ; sans que d’ailleurs trop de journalistes n’en fassent commentaire approprié sur la gestion de l’Etat, ce livre tombe à point nommé...
Après celle de la guerre d'Algérie, une nouvelle génération d'anticolonialistes s'est levée, qui mène combat pour dénoncer le péché capital que tous les Français devraient expier : le passé colonial Français. L’auteur invite : « battons notre coulpe, car la liste de nos crimes est longue Nous avons pressuré les colonies pour nourrir notre prospérité, les laissant exsangues à l'heure de leur indépendance ; nous avons fait venir les " indigènes " au lendemain des deux guerres mondiales pour reconstruire la France, quitte à les sommer de s'en aller quand nous n'avions plus besoin d'eux ; surtout, nous avons bâti cet empire colonial dans le sang et les larmes, puisque la colonisation a été rien moins qu'une entreprise de génocide : Jules Ferry, c'était, déjà, Hitler ! » Contrevérités, puisqu’il est de mise ne plus appeler les mensonges par leurs noms, billevesées, bricolage... voilà en quoi consiste le réquisitoire des Repentants. Daniel Lefeuvre, dans une écriture incisive et élégante - ait rare de nos jours - spécialiste de l'Algérie coloniale et professeur d'histoire à l'université Paris VIII démonte cette attitude en offrant des sources, des chiffres et rappelant le contexte d’alors. Pas pour se faire le chantre de la colonisation, mais pour en finir avec la repentance, avant qu'elle transforme notre Histoire en un album bien commode à feuilleter, où s'affrontent les gentils et les méchants. Un vrai livre pour aller plus loin et rappeler que le peuple n’est jamais responsable des actes de ses dirigeants. L’Histoire l’a pourtant tant enseigné… et continue de l’instruire encore. Excellente lecture.
Stéphane Esserbé
L'AUTRE
PAR MICHEL DUPREZ*

Je sens déjà ton regard se poser sur ma peau,
Non pas celle qui empêche mes os d’avoir froid,
Mais l’autre, qui chante quand on la touche et qu’un doigt
Trempé d’impatience et de plaisir rêve tout haut.
Il m’arrive souvent d’imaginer ton visage,
Les yeux, surtout, changeants, tels des cristaux de lumière,
Les lèvres aussi, et cette moue un peu amère
Quand vient l’heure où tu te résous à tourner la page
Et que les mots ne sont plus qu’insectes grelottants,
Privés d’air et de chair, meurtris, le souffle en suspens,
Face à ton désir d’être ébloui jusqu’à la moelle !
Je t’imagine, et pourtant je ne pense qu’à moi,
Cet éclat de lune au loin qu’un peu d’encre dévoile
Sans jamais parvenir à combler le désarroi
*Michel Duprez, qui avait longtemps exercé une activité de chroniqueur et obtenu plusieurs prix littéraires en Belgique, revient à la littérature...
La citation de la semaine
"On ne savait donc quasiment rien de ceux que l'on croyait aimer."
Klaus Mann - Génération perdue
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