N° 89 du 09/11/09

UN REVE


HUMEUR

La chronique d'Hector Plasma

C’est un truc, qui s’est produit il y a 30 ans. C’est un ministre, qui, en France, cette grande démocratie, a été assassiné...

 

Critique de livres : Un rêve Enfin, pardon, qui s’est suicidé, de deux balles dans la nuque. Et, en aucun cas, jamais n’a été victime d’un crime politique. Attendu qu’en France, depuis longtemps maintenant, on vit dans la démocratie et que ce genre de choses ne peuvent pas arriver. Hein ? Quoi ? C’est louche ? Vous trouvez ? Mais non, vous vous faites des idées. C’est pas parce qu’on en parle régulièrement pour demander un nouveau procès que ça va changer la vérité. Il s’est suicidé on vous dit, de deux balles dans la nuque. Point barre. En France la politique c’est propre. On assassine personne. Surtout pas un ministre, un manifestant encore passons... Mais un ministre c’est grave. Encore moins un ministre de droite. La France est un pays de liberté. D’ailleurs, on voit même pas pourquoi on en parle toujours. C’est si vieux que ça n’ a peut-être guère été qu’un rêve. Allons…

 

 

 


LIVRES

B. TRAVEN
LE TRESOR DE LA SIERRA MADRE - SILLAGE - 313 pages - 19,50 €

 

Un trésor est comme un rêve. Quelque chose qu’on poursuit sans avoir une chance de pouvoir le toucher. Quand bien même l’atteint-on il est impossible d’en jouir. Toujours, il fuit. C’est, dans ce livre parut dans les années 20, la leçon que Dobbs, Curtin et Howard, trois américains du Nord égarés en Amérique du Sud, finissent par tirer de leur quête effrénée...

 

Critique de livres : Le tresor de la Sierra Madre

C’est un roman assez long et de facture légèrement surannée que nous propose B. Traven avec ce texte. Une histoire, dont le titre, et pour cause (voir le célèbre film de John Huston tiré du livre et qui porte le même titre), évoque plus un western qu’une aventure humaine. Les débuts ont du mal à laisser deviner la trame et si d’emblée les personnages séduisent, la vraie teneur du roman elle tarde à se montrer. Il n’y a d’autre choix que celui de se laisser porter, pour peu à peu pénétrer l’univers des chercheurs d’or. Dobbs en effet, ouvrier pauvre qui ne rechigne pas à la tâche, après avoir été tenté par la ruée vers l’or noir, partant finalement en quête de l’or. Mais il lui faut des acolytes. Il ne peut partir seul. Curtin et Howard se joignent à lui. Le trio qui se forme va résister à tout et trouver la fortune sur les conseils avisés d’Howard, l’ancien et plus avisé du groupe. Las ! Le trésor trouvé, sur le chemin du retour, après avoir dû âprement défendre leur gain, les associés vont devoir se séparer. Howard en effet, se trouvant obligé de laisser partir ses compères avec la part du magot qui lui revient. Le désir d’accroître sa fortune s’empare alors de Dobbs qui se débarrasse de son associé et se fait ensuite tuer et dépouiller par des brigands. L’histoire est simple et le dénouement on ne peut plus moral. Mais le plaisir de la lecture est là. On vibre, on tremble avec les personnages tout au long du récit, pour, au bout du compte, savourer toute l’ironie du destin qui est fait aux protagonistes. Un livre (et un auteur) à redécouvrir.




Stéphane Esserbé

 

 


PROSE

L'ATTENTE

PAR JEAN-RENE GODULE


Critique de livre : l'attente

Pendant longtemps j’ai cru m’être trompé. Il m’a semblé que je faisais fausse route. M’être mis à l’écart. Mes journées étaient troubles. J’étais aveugle. Je vivais de sommeil. Ma vie était étrange. En dehors de moi-même. Qu’espérais-je ? J’avais toujours vécu ainsi. Avec l’espoir. Je m’étais dit tout ça n’est pas possible.
Il m’arrivait de me trouver en désaccord. D’entendre le son de ma voix. De ne plus me comprendre. J’étais un homme désaccordé. Je vivais dans un monde. Ce monde n’existait pas.

Tous les matins c’était l’effroi. Mon âme restait au lit. Et mon corps s’enfuyait. Je ressentais le froid. J’appréhendais l’hiver. La nuit en moi cela craquait. Quand je rentrais… Je tournais comme un solitaire. J’entendais plusieurs voix. J’errais. J’avais des rêves. C’était la même journée. Le même matin. Je traînais lourdement. Dans les rues, je m’oubliais. Jamais mon chemin ne changeait.

Je n’avais pas la foi. Mon existence se résumait à ça. Je ne comprenais pas les jours. Je rappelais la nuit. Je ne voulais pas vivre. Ce grand dégoût… Je regrettais le temps. Je sentais comme un gouffre. Un rire. Oui j’étais dans l’erreur. L’existence m’effrayait. Je dérivais.



 

 


CITATIONS

La citation de la semaine

"... le plaisir n'est qu'un produit inférieur dans la singulière chimie de la vie, et les fous seuls en attendent."

 

Robert-Louis Stevenson - Hermiston, le juge pendeur

 

 




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