Ali Reza Sadry Alaï

6 nouvelles cruelles – L’infini éditions – 271 pages – 16 euros

6 nouvelles cruelles

Six nouvelles cruelles

Les hommes sont-ils plus cruels que le destin ? Celui-ci ne relâche-t-il jamais son étreinte ? Et qu’advient-il, lorsque hommes et destin, agissant de concert, s’acharnent sur vous ?

Ce sont les questions auxquelles a semblé vouloir répondre Ali Reza Sadry Alaï dans ce remarquable recueil de nouvelles par lequel on est rapidement séduit. En six textes en effet, l’auteur semble faire le tour de tout ce que peuvent inventer humanité et fatalité pour torturer les hommes.

L’histoire et le hasard

L’histoire et le hasard y sont pour beaucoup. Et parfois une vie humaine pèse bien peu. C’est le point commun des héros des six nouvelles du recueil : aucun d’eux n’est maître de son destin. La vie se joue à rien. Elle bascule simplement. D’un simple coup du sort. Comme celle d’Amir, dans la nouvelle A la clarté de la nuit, qui avait tout ; une situation, une femme et de beaux enfants, et qui, lors d’un stupide accident de voiture les voit disparaître au fond d’un lac. Ou encore, comme ces six ouvriers afghan, victimes indirectement de la vengeance impitoyable de Golnaz envers son père, dans la deuxième nouvelle du recueil (presque un petit roman), intitulée Dans la nuit de l’enfer. Ou encore comme Réza, le docteur généreux qui hésite un soir à suivre un pauvre soldat venu le chercher pour l’aider à accoucher sa femme et qui au bout du compte sera assassiné par le soldat car son bébé ne vivra pas.

L’humanité qui souffre

Un recueil dense, dans un style classique et sobre au service d’un univers où l’humanité souffrante est montrée sous ses aspects les plus touchants et les plus effrayants à la fois. Certains sont victimes, d’autres généreux. D’autres encore impitoyables. Et le destin leur fait suivre une route pour tous identiques : celle du chaos et de la mort. On sent chez Ali Reza Sadry Alaï le vécu d’un homme dont le sort ne fut pas toujours entre ses propres mains. A cheval entre deux mondes, ceux de l’Orient et de l’Occident, ces textes sont autant de portraits d’une humanité vulnérable capable du pire comme du meilleur. Six nouvelles cruelles oui, du genres de celles qu’on aimerait pouvoir lire plus souvent.

Stéphane Esserbé

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