UNE
HISTOIRE BELGE

La chronique d'Hector Plasma
On s’en doutait. On en a maintenant la preuve : la télévision en France n’est pas ce qu’elle dit être. Cet instrument au pouvoir fascinant n’a pas pour vocation à informer, mais à mentir et à dissimuler...
Une
certaine affaire d’images en effet, qui récemment fit sensation, en est l’illustration. Les exploits d’un homme pourtant très médiatique
et très friand de performances communicantes, fraîchement élu et mandaté
pour une magistrature qu’on dit suprême, n’ont pas en France connu
le sort télévisuel qu’ils auraient mérité. Pourquoi ? Allez savoir…
Nous avons bien cependant dans l’hexagone depuis un certain temps quelques
dizaines de chaînes largement diffusées. Nous sommes dans ce qu’il
est convenu d’appeler une démocratie. La liberté de la presse est pour nous est une réalité. Alors ? Bizarre. Sommes-nous
tous condamnés à filer en Belgique pour être vraiment informés ? Devons-nous
émigrer ? Non. Car si très bizarrement nos principales antennes ont
paru oublier un temps où se trouvait Bruxelles, internet, et dans une
moindre mesure la presse écrite, n’ont pas fait montre, eux, du même
trou de mémoire. C’est louable. Et en même temps étonnant. Pourquoi
diffuser des images sur internet quand, sur nos antennes, elles paraissent
déplacées ? Parce qu’on ne contrôle pas le net comme une télé. Mais
dans ce cas, pourquoi, au risque de se montrer ridicule et de perdre
toute crédibilité, les télés, une fois l’information diffusée, peuvent-elles
demeurer muettes ? Mystères. Y a-t-il plus grand préjudice porté à
la plus haute autorité en dévoilant son vrai visage dans un JT que
sur le net ? Oui. Car on le sait : internet, c’est pas sérieux. On trouve de tout là-dessus. N’importe qui, n’importe quand,
à n’importe quel moment, peut, au risque de porter atteinte à n’importe
quel quidam, dire et faire n’importe quoi. C’est moche. Et ça peut
même être dangereux. Imaginez. Imaginez une seule seconde : sans internet,
qui aurait vu en France les images dont on parle ? Ca donne à réfléchir.
Nos chères télés, qui nous distillent chaque jour tant de programmes
intelligents, qui, tout récemment encore montraient pour qui il nous
fallait voter, ne nous diraient donc pas les choses telles qu’elles
se passent ? Et tous ces journalistes, toutes ces vedettes, ils nous mentiraient donc ? Allons allons. Ce n'est pas
vrai. En France on fait pas ça. En France on est honnête. On respecte
les droits de l'homme. En France. Oui mais en France idiote...
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Jean-François Lecaillon
LE SIEGE DE PARIS EN 1870 - Bernard Giovanangeli Editeur - 247 pages
- 20 €
La guerre déclarée à la Prusse par le Second Empire le 19 juillet 1870 fut un désastre. Un mois plus tard en effet, l’ennemi était aux portes de Paris. Le célèbre siège qui suivit, symbole de la résistance française, commença le 19 septembre 1870 et s’acheva le 28 janvier 1871…
«
Ce livre entend donner la parole à des hommes et des femmes susceptibles
d’être l’écho de ce qui se disait, vivait et ressentait dans Paris
de la mi-septembre 1870 à la fin janvier 1871. »
Cette phrase, extraite de l’avant propos du volume, peut tout à fait suffire
à le résumer. Puisque ce sont en effet des extraits de récits, témoignages
ou correspondances de 16 témoins d’horizons et d’opinions différents qui en
composent la matière, chacun faisant état, à différents moments clés du siège,
des divers courants d’opinion qui animaient la vie parisienne d’alors. Sélectionnés
par l’auteur de façon à restituer avec le plus d’équilibre possible ce qu’était
cette vie parisienne, ces témoignages, au fil des pages, constituent un ensemble
qui touche au but. En huit parties, correspondant chacune à un épisode du siège
: la préparation, la mobilisation, l’attente, la révolte, l’organisation, l’espoir,
la résignation et la capitulation, ces témoignages s’harmonisent au point de
ne plus faire qu’un tout au cœur duquel l’histoire s’écrit et se lit au quotidien.
Paris, avec cette première guerre
moderne menée sur le territoire français, forte de sa population disparate et mélangée,
bouillonne, s’insurge, se bat et capitule, sans pour autant jamais vraiment
renoncer.
Paris à cette époque mange du rat, du chien, du chat, du cheval et les animaux
de ses zoos. Paris, pour la première fois est bombardée par l’artillerie prussienne.
Paris, comme par le passé quelquefois s’insurge. Paris, comme toujours vit
de sa vie propre et agitée. Ces témoignages, assemblés avec beaucoup de sérieux
et d’intelligence, dressent un portrait vibrant d’une capitale célèbre dans
le monde, et qui, à un moment crucial de son histoire (la République a été
proclamée le 4 septembre 1870 et la Commune le
sera le 26 mars 1871), fait état une nouvelle fois et dans des circonstances
difficiles de son caractère éternel et intangible.
Ce livre bien sûr dresse un portrait historique, mais aussi celui d’une ville
connue dans le monde à tort ou à raison pour les valeurs fortes qu’elle incarne
: une certaine idée de la liberté, de l’indépendance, de l’impertinence et
de la résistance. Il est étonnant, à la lecture de ses témoignages, de constater
à quel point le caractère d’une ville peut à ce point présenter des traits
déjà connus par le passé et qu’on ne cessera par la suite de retrouver dans
des circonstances historiques semblables.
Un lecteur attentif verra également dans cet ouvrage se profiler l’histoire
terrible du XXe siècle, puisque, au pire de la bataille, la description des
bombardements et combats évoque déjà les grandes tueries contemporaines. De
même que l’incompétence et l’incurie des élites et castes dirigeantes
françaises qui en bien des circonstances furent responsables de tant de massacres inutiles.
Stéphane Esserbé
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J'ATTENDAIS par
Jean-René Godule
Ah, l'attente ! Jean-René sait bien ce que c'est...
J’attendais toujours les étés. Je repensais à l’horizon. J’imaginais une autre vie. Je sentais les parfums. Le temps était très long.
Une terre m’était promise. Je m’inventais un monde. J’avais soif. Tout
ce que je voulais… Mes sens étaient atteints. J’étais blessé. Ce chemin
m’envoûtait. La solitude me convenait. C’était une récompense. Sans
cette finalité, je n’étais pas. Une oasis, une halte, où je m’abandonnais.
Ma peau craquait. Le vent me caressait. L’attente avait été si longue.
J’avais tellement rêvé. Oui le soleil, la terre… Les odeurs remontaient.
Dans l’air planait comme un parfum de sel. Les soirs étaient très doux.
Les frondaisons dansaient.
J’allais au long des rues. Je devinais les aubes. A chaque instant mon sang bouillait.
Mes membres frémissaient. Mon cœur… je le sentais. Oh la lumière ! Pourquoi riais-je
? Que me viennent le rivage, et l’éclat de la mer ! Que m’arrivent les brûlures
! Seul j’étais prêt. La vie se présentait, et je la saisissais.
Je me vis, comme une ombre au soleil. Je perçus ma respiration. J’entendis même mon souffle. Je renaissais.
Je ne sais plus combien de temps j’ai connu le bonheur. J’ai découvert ce qu’on m’avait caché, ce que j’avais imaginé. Les enfants, les femmes, l’agitation… Les mensonges étaient loin. Les gens vivaient et ils semblaient heureux.
J’ai marché longuement. J’ai vu une multitude. Et entendu des cris. D’autres pensées me sont venues. Je n’ai plus vu autour de moi qu’une fête. La foule m’a submergé. J’ai ri.
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La citation de la semaine
"Il y a du masochisme dans le comportement de l'homme de lettres : il fait tout pour que ses succès ne lui apportent pas le bonheur qu'il en avait escompté."
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