N° 41 du 22/08/07

NON MAIS !
Le site littéraire : humeur
La chronique d'Hector Plasma

Au fait, qui vous les paie vous vos vacances ? C’est vous ? Non ? Vous êtes trop con. Ou alors pauvre ? C’est ça ? Vous z’avez pas d’amis très riches ? Pas de bol vraiment...

 

Le site littéraire : Non mais !Mieux vaut ne pas partir. Après tout, quand on est pauvre et qu’on n’a pas d’amis très riches on ne part pas. On reste tranquillement chez soi. On se tait. Et on ne commente pas l’actualité. On attend des jours plus cléments. Y’a pas de honte. Mais faut se faire petit. Et que certains, très riches déjà, partent en vacances et ne paient rien, ça doit pas vous choquer. Car qu’est-ce que ça peut faire après tout ? C’est toujours mieux qu’avec l’argent du contribuable ! Et quand bien même si vous n’êtes pas si pauvres et êtes partis quand même et avez tout payé ça change rien : fallait travailler plus, fallait plus s’employer. Y’a pas de honte à gagner de l’argent quand on travaille. Y’a pas de honte à avoir des amis. Et si vous, à la rentrée, vous avez les impôts et la rentrée des classes, fallait y réfléchir avant. C’est vrai quoi. Y’en a assez des assistés. Les pauvres, les pauvres, toujours les pauvres… Et puis faut bien comprendre, c’est pas nouveau d’ailleurs, si y en a qui paient pas, comme tout en ce bas monde a forcément un prix, il faut bien qu’il y en ait qui paient pour eux ! Alors… Il est où le problème ? Et puis aussi, faudrait bien voir à arrêter, tout ça, c’est une question de vie privée, faudrait voir un peu à la respecter. Non mais !

 

 

 

 

Le site littéraire : livres

Albrecht Goes
JUSQU'A L'AUBE - Librio - 91 pages - 1,52 €

En 1942, sur le front de l’Est, un pasteur incorporé dans l’armée allemande est chargé d’annoncer à un déserteur qu’il va être exécuté le lendemain à l’aube. Dans l’impossibilité de se soustraire à cette sinistre charge, il tente de vivre au mieux les quelques heures qui le séparent de l’échéance…

 

Le site littéraire : Jusqu'à l'aubeUn homme d’église, fut-il pasteur et soldat de la Wehrmacht en 1942 en Russie, n’est pas un homme comme les autres. S’il officie dans les principes qui sont ceux de la religion, sa conscience, a fortiori en temps de guerre et plus encore s’il se trouve dans le mauvais camp doit être en permanence à vif…
C’est le cas du principal protagoniste de ce court roman, qui, dans une langue très pure et sans ambages, revisite l’histoire de la seconde guerre mondiale loin des combats et des grandes batailles en traitant le sujet sur le plan de la conscience.
En effet, dès les premières lignes du roman : « La saison avait été belle et chaude. Pourtant, de tout le mois de septembre, je n’avais pas quitté la ville, moi qui aimais tant me promener par les champs et par les bois. », le récit proposé ne se montre pas conforme à ce qu’on attend d’une épopée martiale. Désabusé : « Pour un militaire, il est inconvenant de vouloir errer par les chemins… », il entre très rapidement dans le vif du sujet et révèle ce qu’en certaines circonstances aucune croyance ni prière ne sont à même de pouvoir surmonter. A savoir l’arbitraire auquel le sort de l’homme peut être soumis en temps de guerre et plus encore dans une dictature qui commence à comprendre que son sort est scellé.
Quel est en effet le champ d’action d’un homme d’église confronté à l’injustice, sommé même d’y prendre part sans toutefois renier sa foi ? Nul, à en croire l’auteur. Le pasteur dont il est question ici n’ayant d’autre choix que d’exécuter sa mission en essayant d’apporter le plus de douceur possible aux derniers instants du condamné.
Pourtant, il y a une manière de résister. Et c’est toute la qualité de ce petit livre méconnu en France que de l’évoquer. Il est toujours possible, même réduit à l’impuissance, de ne pas consentir au crime, et, tout comme cet officier croisé par le pasteur pendant sa veille, d’accepter le sacrifice de sa personne pour préserver l’espoir et favoriser le retour d’un ordre plus juste.
Remarquable de pudeur et d’économie, ce livre, écrit peu après la guerre par un auteur qui fut lui-même aumônier sur le front de l’Est, résume à lui seul ce que durent connaître bien des hommes en ces heures sombres du dernier conflit mondial.

 



Stéphane Esserbé

 

 

 

Le site littéraire : prose

NEW YORK                                                 par Jean-René Godule

New-York ! C'est l'autre patrie de Jean-René...

 

Le site littéraire : New-YorkJ’ai aimé rageusement New York. « Cette ville debout… » Arrivé en octobre, j’en ai vu les hauteurs. Un mur. En roulant sur la ville j’en fus saisi. Jaillissant du néant, mille éclats scintillants. Se dressaient devant moi des flèches.

Je me souviens de l’automne doux. Je me souviens des fumées blanches. Je respire encore les odeurs. Le ciel était entièrement bleu. Les rues si longues… Je découvris ce monde. L’aurais-je imaginé ? Pour moi, New York était un coupe-gorge. Quand j’ai vu les avenues… Quelle était donc cette existence ? N’était-elle pas imaginaire ? Et ces bruits de moteur… Avide, je voulais tout connaître. Etait-il donc possible que les hommes… ? En voyant les silhouettes passer au long des rues, regardant les immeubles, j’étais pris de vertige. Les hommes allaient… Existaient-ils vraiment ?
Et cette nuit ? Et ces sirènes ? New York ne s’arrête pas. La nuit, n’est qu’un grand jour artificiel. La nuit n’existe pas. Les lumières dansent. Montent dans le ciel. Je me souviens être monté moi-même. Dans cette nuit cela brillait. New York était-il dans ma tête ? Or je le sais, depuis lors…

 

 

 

 

Le site littéraire : citations

La citation de la semaine

 

"Au fond, le phénomène esthétique est simple; pour peu qu'on ait le don d'apercevoir constamment un spectacle vivant et de vivre entouré d'esprits en foule, on est poète; pour peu qu'on ait le goût instinctif de se métamorphoser et d'emprunter pour s'exprimer le corps et l'âme d'autres êtres, on est un poète dramatique"

 

 

Friedrich Nietzsche - La naissance de la tragédie

 

 

Le site littéraire



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