N° 59 du 20/04/08

ET POURTANT, ELLE BRÛLE !
Le site littéraire : humeur
La chronique d'Hector Plasma

Alors cette flamme, elle brûle toujours ? Faut croire. Car on n’arrête pas d’en parler. La flamme par ci. La flamme par là. Les chinois pas contents… On en fait tout plat de cette flamme. Pourquoi ?

 

Le site littéraire : Et pourtant, elle brûle !Y a-t-il vraiment lieu ? Vous comprenez, c’est important les jeux. Ca véhicule de grandes valeurs. Le sport. L’abnégation. Et beaucoup de travail… Ah bon ? L’olympisme, les jeux… C’est bien pour ça qu’elle brûle la flamme. C’est un symbole, un grand symbole de paix et de fraternité. Comment ? Non. Y faut pas faire de politique avec les jeux. Y faut pas mélanger. C’est que du sport. Rien d’autre. C’est pour la gloire. Franchement, vous croyez réellement qu’on va gober tout ça ? La flamme ! Quelle rigolade ! Entourée de cerbères qu’elle va, ridiculisant le sport mondial. Ah oui ! Certains ont voulu faire un badge. Un badge virulent d’ailleurs, aux limites du scandale. Faut pas exagérer quand même ! On peut pas tuer les gens comme ça. Eh ben. Certains ont décrété que ça ne pouvait pas coller. Alors la flamme elle brûle encore. Et on a mis le badge à la poubelle. Elle rampe la flamme. Se cache. Mais elle est toujours là. Elle nous fait rire. C’est vrai. Ils ont raison les chinois. La Chine, ça fait pourtant longtemps qu’on la connaît. Et on vient, tout d’un seul coup de découvrir la vérité ! Pourquoi est-ce qu’on leur a donné les jeux aussi ? On le savait avant que tout était pas clair. Ah oui mais maintenant la Chine c’est un marché. Ca fait beaucoup d’argent ! On pouvait pas faire autrement. C’est vrai. Mais le sport, le vrai, il est où dans tout ça ?

 

 

 

Le site littéraire : livres

André Bonmort
L'AGE DE CENDRE - SULLIVER - 88 pages - 11 €

L’humanité parle. Elle se plaint. L’humanité souffre. Et elle le dit. C’est « l’âge de cendre », qui, commençant par un rêve, n’est en fait qu’un cauchemar, le nôtre...

 

Le site littéraire : L'age de cendreCelui que nous vivons au quotidien. « L’âge de cendre » en effet, court récit de 82 pages, laisse la parole à une humanité incarnée qui déplore ses souffrances et se sent impuissante à les guérir. C’est l’humanité d’aujourd’hui, malade et consciente de l’être. Que rien ne semble pouvoir sauver.


Le style est agréable. Et l’on sent, à chaque phrase, la réelle souffrance d’un être impuissant devant l’horrible spectacle que peut nous offrir le monde. Rien à reprocher à la facture de l’ouvrage. Certains mots sont forts : « La seule vraie révolution qui ait désormais droit de cité est l’industrielle », et la plume acérée : « La police est au service de la propriété privée. » Pourtant, au fil des pages, un manque peu à peu s’installe, et malgré les belles phrases et les belles formules, la déception gagne. L’humanité s’exprime certes, elle souffre et sa souffrance est palpable, mais elle reste abstraite. Elle semble lointaine. Et parfois inconsistante. On ne sent pas l’humanité. On entend qu’une plainte. On l’imagine, mais ce qu’on voit n’a pas figure humaine. C’est tout le hic du livre. Ce texte, très bien écrit, sur une idée originale, ne parvient pas à pénétrer l’esprit. Il lui manque quelque chose ; une force, une durée. Les chapitres, courts, sont enlevés, mais, se succédant rapidement ne permettent pas au texte de faire une réelle impression. Les mots abondent, et disparaissent. Il ne reste qu’une diatribe. Et de l’humanité nul trace. Dommage.

 



Stéphane Esserbé

 

 

 

Le site littéraire : prose

L'AMI                                                                    par Jean-René Godule

Etrange ! Cette semaine, Jean-René nous parle d'amitié. Après le néant, il nous fallait bien ça...


Le site littéraire : L'amiJ’ai un nouvel ami. Il s’appelle S. Cela me fait bizarre, après toutes ces années… S. est un colosse. Grand, il impressionne. Il affiche sa colère, et fait l’effet d’un fauve en cage. Sa voix, ses gestes, sa façon d’être, révèlent sa détermination. S. ne triche pas. Le monde n’est pas comme il voudrait qu’il soit.

 

Nous nous sommes rencontrés avec S., bêtement. En faisant du sport, peu à peu, nous nous sommes reconnus. Nos humeurs et nos gestes… Nous ne nous sommes pas tout de suite parlés, mais, avec les jours, avons senti nos points communs. Pour moi, ce fut une expérience troublante. Depuis tellement de temps je n’avais pas d’amis… en lui trouver quelqu’un… Au travail, je n’aurais pas cru ça possible. Dans l’affreux monde des hommes… Au vrai, j’aime bien S. Le voir, l’entendre, m’apporte réconfort. Avec S., l’humanité prend un autre relief. Nous discutons et nous sourions. Nous retrouvons une certaine fraternité. L’envie d’y croire un peu. Il faut dire qu’avec S. nous ne nous faisons pas trop d’illusion. Pour nous les hommes sont bêtes, et le monde laid.

 

Il y a chez S., cette souffrance qui a été aussi la mienne. Mais ce qui nous rapproche je crois c’est notre désarroi. Nous sommes tous deux perdus. Nous n’avons pas de solutions. Nous nous trouvons face à un mur. S. en rugit, moi j’en souris. Les jours pour nous sont tous les mêmes. Ils sont faits de dépit.

 

Moi, cela fait bien longtemps que j’ai conscience de cet état des choses. S. lui… C’est son problème. Il n’admet pas le vide. Il y a de la colère chez S., une énergie rentrée, quelque chose de très sourd et qui peut le détruire. Chez moi il n’y a plus grand-chose. C’est ce que voudrait S. Ne plus souffrir. Le monde n’est pas aussi fermé. Il y a des moyens de s’enfuir. C’est ce que je voudrais que S. comprenne. Il y a un temps pour tout. Je me moque, au fond, de l’existence. Le sort des hommes m’est tout à fait indifférent. Ce qui compte, ce sont tous ces instants. Ces bribes, morceaux, qui justifient les jours, les mois et les années. Les matins doux, les rais de lumières tendres. Les promenades. C’est d’ailleurs ce qui m’a marqué la dernière fois que j’ai vu S., car nous avons marché. S. voulait prendre l’air. Il avait besoin de souffler. Nous avons discuté. Cela m’a bouleversé. Car oui, comment reconnaît-on que l’on a un ami ? Qu’est-ce qu’un ami ? J’aime sentir la présence de S. à mes côtés. J’aime entendre sa voix. Réaliser qu’on n’est plus seul est une victoire. Il a été bien plus facile pour S. de retourner à son travail après. Pour moi aussi. Il n’y a rien c’est sûr de consistant en ce bas monde. Mais le temps passe. Ce qu’il est loisible de faire en attendant c’est de rester comme ça. De ne pas s’inquiéter, de ne rien décider. D’aller. De continuer. De prendre la lumière, de respirer l’air frais. Les matins de printemps. Deux amis, ne peuvent-ils partager tout simplement les instants d’abandon ? Le sens d’une relation ne peut-il donc s’inscrire dans cette durée ? Il ne faut pas trop compliquer les choses. On peut parfois être plus proche de soi. Etre un homme. Se laisser emporter. Rire. Et espérer...

 

 

 

Le site littéraire : citations

La citation de la semaine

 

"La politique est un phénomène contre nature..."

 

 

David Albahari - mrak

 

 

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