N° 43 du 17/09/07

TOUS LES MOYENS SONT BONS
Le site littéraire : humeur
La chronique d'Hector Plasma

Il est des défaites qui ont le goût de la victoire. Un certain vendredi soir de septembre, alors que la France s’apprêtait à se rouler dans une orgie toute commerciale préparée de longue date par tout un pan de la machine économique, le sport, (eh oui !), s’est quand même rappelé à la mémoire des gens qui l’apprécient...

 

Le site littéraire : Tous les moyens sont bonsEn effet, tandis que la propagande de-ci de-là allait bon train (journaux, télévisions, publicités) pour qu’on mesure vraiment enfin l’ampleur de l’événement censé faire gagner de l’argent à ceux qui en gagne beaucoup déjà, 15 rugbyman d’un autre continent sont venus remettre les choses au point. Une défaite. Aïe. Ca fait mal. Ce n’était pas prévu. Même notre président n’en voulait pas. Il faut gagner, gagner toujours. C’est le crédo de notre nouvelle France. On travaille. On gagne. On réussit. Eh oui ! Mais non. Ca marche pas comme ça. Des fois, il suffit pas de travailler. Il faut savoir penser avant. Ce que visiblement nos adversaires d’un soir avaient dû faire. Aïe aïe ! Ca la fout mal ! Doit pas être content le président qui gagne, lui qui, évidemment, avait même fait le déplacement et s’était fendu d’un discours à la télé. Et son petit poulain, le coach, le vendeur de jambon qui gagne plein de sous et se prépare à investir son ministère, il doit pas en mener très large. C’est triste. C’est dommage pour le sport et les sportifs (encore que quelques-uns feraient bien de se taire quand il y a des élections), mais ça nous fait bien rire. La fête, déjà, la grande fête du commerce et de l’argent qu’on prévoyait autour d’un sport qui jusque-là en était préservé, a bien mal commencé. On ne saurait s’en plaindre. Car oui, imaginons, imaginons que tout ce soit passé comme il fallait. La propagande aurait pu continuer. Et le nain-président en profiter. Vous nous direz ; nous n’avons pas des propos patriotes. Mais aimer l’endroit où on nait n’oblige pas la bêtise. On est content nous au nonsens. Et on le dit. Vivement d’autres défaites. Que ça fasse réfléchir. Le ridicule parfois, a du bon. En France idiote tous les moyens sont bons.

 

 

 

 

Le site littéraire : livres

Francesco Orlando
UN SOUVENIR DE LAMPEDUSA - L'inventaire - 107 pages - 11,43 €

Francesco Orlando était étudiant en droit et avait dix-neuf ans lorsqu’il fut présenté à Giuseppe Tomasi di Lampedusa à Palerme. Celui-ci n’avait plus que quelques années à vivre et s’employa à former le jeune Francesco. C’est aussi à cette période qu’il écrivit son roman, « Le guépard. »

 

Le site littéraire : Un souvenir de LampedusaC’est donc l’histoire d’une rencontre que nous raconte « Un souvenir de Lampedusa. » Composé de deux textes de la plume de Francesco Orlando, « Un souvenir de Lampedusa », écrit en 1962, et « A distances multiples », rédigé en 1996, ce livre constitue un témoignage intéressant sur les dernières années du prince Lampedusa, sa personnalité et la genèse de son célèbre roman.
En moins d’une centaine de pages empreintes de prudence et de respect mais exempte de complaisance, l’auteur évoque les circonstances qui l’amenèrent à rencontrer l’auteur du Guépard, et la relation complexe de maître à élève qu’il connut avec lui.
Dans le climat de la Sicile de la fin des années cinquante, on découvre un homme érudit qui sait arriver au terme de son existence sans vouloir le laisser paraître, et un jeune homme curieux et désireux d’apprendre. L’érudit, le maître, par ailleurs grande figure de la noblesse locale marquée par le déclin de l’aristocratie, blessera plusieurs fois le jeune Francesco en raison de son intransigeance, mais celui-ci, témoin privilégié de la genèse d’un livre qui connut par la suite un grand succès et fut porté à l’écran avec la gloire qu’on connaît, restera à jamais reconnaissant à son maître.


Confrontés l’un à l’autre à une distance de trente-quatre ans, les deux textes qui construisent ce livre sont une réflexion sur la complexité des relations que peuvent entretenir les hommes de lettres entre eux. Ils montrent à quel point la rencontre d’un homme peut être déterminante dans la vie et le destin d’un autre.
Tout le poids et l’importance que représente Lampedusa pour le jeune Francesco se lisent dans le style scrupuleux d’« Un souvenir de Lampedusa », et le texte, « A distances multiples », plus de trente ans plus tard, bien qu’écrit avec plus de recul et de maturité, ne fait que le confirmer.
« Un souvenir de Lampedusa », avec tous les rappels se rapportant à l’érudition de Lampedusa, ouvre aussi une page de l’histoire littéraire européenne. On y croise Proust et son Contre Sainte-Beuve dont l’argument est repris par Orlando, et qui fut en son temps contesté par Lampedusa.
Loin d’être tout à fait désuète et anecdoctique, la lecture de ce livre est une manière agréable de faire connaissance avec Lampedusa, et de redécouvrir un monde où les élèves savaient encore qu’ils avaient beaucoup à apprendre de leurs maîtres.

 



Stéphane Esserbé

 

 

 

Le site littéraire : prose

LE TEMPS                                                   par Jean-René Godule

Ah ! Le temps...

 

Le site littéraire : Le tempsQuelque chose, dans l’air, du fond des jours, allaient venir. Le meilleur était pour demain. Il y avait une logique. J’étais jeune. Je n’imaginais pas mon existence. Ne pensais pas vieillir. Fier, j’allais. Le bonheur forcément existait. Je ne comprenais pas que la vie s’enfuyait. Que les jours, déjà mouraient. Que chaque instant était une défaite. Que la mort me guettait. Que vivant, on était déjà mort. Avec le temps en moi est entré la raison. Avec le temps mon esprit s’est ouvert. J’ai découvert les failles. D’abord mes souvenirs. Et les images. En moi dansaient des ombres. Ce que j’avais perdu. Arrivé à mon âge… Les étés viennent. Mais ils n’ont plus toutes les saveurs. Le monde me fuit. Ce qui m’étonne, c’est mon absence. Les jours ne comptaient pas. Avant n’était qu’un rêve.
Après l’été vient le grand vide. C’est en soi que l’on est. L’hiver n’est qu’un morceau du monde. La course ne s’interrompt jamais. Le temps n’importe plus. La mort…

 

 

 

 

 

Le site littéraire : citations

La citation de la semaine

 

"Nous sommes dans un désert, personne ne comprend personne."

 

 

Gustave Flaubert - Lettre à Léonie Braine, nuit du 30 décembre 1878

 

 

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