CA
FAIT REVER !

La chronique d'Hector Plasma
On en avait beaucoup parlé. C’avait été très important. Il fallait à tout prix gagner. Ce n’était, à la base que du sport. Mais on en avait fait toute une affaire. L’argent, la politique s’en étaient occupés. C’avait tout gâché.
On
avait vu des joueurs, énormes et gigantesques. On leur avait bien dit
qu’il en allait de la patrie. On leur avait lu des lettres. Leur chef
on le savait allait être promis à un avenir brillant. Non content de
gagner beaucoup d’argent déjà il aurait le pouvoir. Sur le terrain,
tout cela s’était vu. Ils avaient même perdu d’entrée. Ca la foutait
très mal. Alors que tous s’étaient mobilisés : les médias, les gens,
et les hommes de pouvoir… Las ! On avait oublié le jeu. Et l’insouciance.
La vie. On s’était trop raidi. On avait vu le ridicule. C’était la
coupe du monde en France. Et elle montrait un pays ridicule. Pollué.
Et totalement intoxiqué. Ce sport lui-même était contaminé. D’un sinistre
virus qui s’était abattu sur l’hexagone un non moins sinistre 6 mai.
Quel gaspillage ! Et quelle bêtise. De l’énergie. Du temps. Et de l’envie.
Tout ça pour rien. Mais le temps a passé. Et les hommes ont changé. On a désinfecté. Moralité : on vu ce week-end qu’il existait
encore des hommes et qu’ils pouvaient bien s’amuser. Et cette leçon
nous plaît. Elle a pour nous valeur d’exemple. Le vendeur de jambon
parti se prostituer au ministère le jeu est revenu. La liberté. Imaginez
! Imaginez alors la France entière totalement nettoyée. Plus de romans
photo ineptes sur les vacances d’un certain petit homme ! Plus sa tête
à la une de nos journaux ! Plus lui comme président ! Ca fait rêver.
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Nathaniel Hawthorne
L'EXPERIENCE DU DOCTEUR HEIDEGGER - Sillage - 45 pages - 5 €
Extrait du recueil Twice-Told Tales, parut en 1837, ce texte de Nathaniel Hawthorne, comme il l’indique lui-même dans une note préliminaire, n’est pas un plagiat du « Joseph Balsamo » d’Alexandre Dumas, puisque, publié vingt ans avant, il lui est antérieur…
C’est
d’ailleurs avec humour que Nathaniel Hawthorne en prévient le lecteur
au début du livre. Puisqu’à l’en croire, c’est peut-être le célèbre
auteur des « Trois mousquetaires » qui se serait inspiré, lui, « d’une
des idées fantasques de sa jeunesse », pour écrire, selon un usage
répandu en son temps, son célèbre roman.
En effet, le dédicataire de « Moby Dick » prévient : « Ce n’est d’ailleurs
pas l’unique occasion, et de loin, où l’on a vu le grand romancier français
exercer le privilège des plus éminents génies en confisquant la propriété intellectuelle
d’auteurs moins célèbres, le détournant à son usage et profit. »
Qu’importe. Car s’il n’a pas l’ampleur des romans d’Alexandre Dumas, et pour
cause, ce texte plein d’humour et joliment mis en valeur par les éditions du
Sillage dans une belle traduction est séduisant.
Tout à fait dans la veine des contes fantastiques du début du XIXe siècle,
soit un peu avant les terribles contes d’Edgar Allan Poe, il se présente
en réalité plutôt sous la forme d’une fable dont voici la trame. Un professeur,
« homme très singulier », invite un jour « quatre vénérables amis à lui rendre
visite en son cabinet. » Les amis en question, qui ont tous en commun d’être
très âgés et d’avoir menés des vies dissolues acceptent de participer à une
expérience. Ils ingurgitent pour ce faire une eau de jouvence et redeviennent
jeunes. Malheureusement, leur nouvelle jeunesse est éphémère, encore plus
que la première. Et ne leur sert à rien puisqu’ils y recommencent les mêmes
erreurs. Tel est le but de l’expérience du professeur Heidegger qui ne cherche
pas à s’assurer de l’efficacité de sa potion, mais plutôt à voir si redonner
leur jeunesse à des hommes peut les rendre plus conséquents. Ce qui visiblement
n’est pas le cas. Bien au contraire. Ses amis, non
contents de retourner à leurs travers, finissant par partir en « pèlerinage
» auprès de la source de la Fontaine de Jouvence afin de « s’en abreuver,
matin, midi et soir. »
Stéphane Esserbé
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ASSIS par
Jean-René Godule
De nombreuses heures je suis resté assis. Vide et absent j’étais ailleurs. Je
voyais flou et mon esprit filait. Je n’avais pas d’envie. Ma volonté
était anéantie. La vanité des choses me saisissait. Le monde me paraissait
obscur. Chaque geste, chaque pas, me semblait condamné. Ma vie s’attachait
à l’infime. Je m’accrochais aux faits insignifiants. J’observais les
nuages. Je fixais l’horizon. L’impuissance m’habitait. La vie me semblait
arrêtée. Je voyais, en face de moi des ombres. Incapable d’un geste
je tentais de comprendre. Le bon sens me fuyait. J’étais paralysé.
L’agitation que je voyais me paraissait étrange. Qui étais-je ? J’avais
juste un regard. Je fixais longuement les choses. Le matin, je me levais,
et m’arrêtais. La vue de l’extérieur me saisissait. C’était comme un
spectacle inaccessible. Une illusion. Dont je ne pouvais percer les
mystères. Fallait-il vivre ? Je voyais le temps qui passait. Sans geste, je ne faisais aucune nuance. Je n’isolais aucun mouvement.
Tout était trouble. Ma raison était autre. Je voyais autre chose. Ce
que je distinguais nul ne pouvait l’apercevoir. Je touchais à la source.
J’entrais dans le mystère. Ce n’était qu’un instant. Il me restait
des ombres. Avais-je peur ? Que redoutais-je ? J’avais toute ma raison.
Le monde me paraissait contraire. Je ne faiblissais pas. C’était une
certitude. Un jour, me viendrait la lumière. Un jour je comprendrais.
Un jour...
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La citation de la semaine
"... quand on est las des femmes et qu'on commence à crier de bonne foi qu'on les déteste, on peut graisser ses bottes et se faire donner le viatique. Le mariages et le concubinage sont là ; les désastres sont proches."
Joris-Karl Huysmans - En ménage
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