N° 54 du 10/02/08

CA FAIT REVER !
Le site littéraire : humeur
La chronique d'Hector Plasma

On en avait beaucoup parlé. C’avait été très important. Il fallait à tout prix gagner. Ce n’était, à la base que du sport. Mais on en avait fait toute une affaire. L’argent, la politique s’en étaient occupés. C’avait tout gâché.

 

Le site littéraire : Ca fait rêver !On avait vu des joueurs, énormes et gigantesques. On leur avait bien dit qu’il en allait de la patrie. On leur avait lu des lettres. Leur chef on le savait allait être promis à un avenir brillant. Non content de gagner beaucoup d’argent déjà il aurait le pouvoir. Sur le terrain, tout cela s’était vu. Ils avaient même perdu d’entrée. Ca la foutait très mal. Alors que tous s’étaient mobilisés : les médias, les gens, et les hommes de pouvoir… Las ! On avait oublié le jeu. Et l’insouciance. La vie. On s’était trop raidi. On avait vu le ridicule. C’était la coupe du monde en France. Et elle montrait un pays ridicule. Pollué. Et totalement intoxiqué. Ce sport lui-même était contaminé. D’un sinistre virus qui s’était abattu sur l’hexagone un non moins sinistre 6 mai. Quel gaspillage ! Et quelle bêtise. De l’énergie. Du temps. Et de l’envie. Tout ça pour rien. Mais le temps a passé. Et les hommes ont changé. On a désinfecté. Moralité : on vu ce week-end qu’il existait encore des hommes et qu’ils pouvaient bien s’amuser. Et cette leçon nous plaît. Elle a pour nous valeur d’exemple. Le vendeur de jambon parti se prostituer au ministère le jeu est revenu. La liberté. Imaginez ! Imaginez alors la France entière totalement nettoyée. Plus de romans photo ineptes sur les vacances d’un certain petit homme ! Plus sa tête à la une de nos journaux ! Plus lui comme président ! Ca fait rêver.

 

 

 

 

Le site littéraire : livres

Nathaniel Hawthorne
L'EXPERIENCE DU DOCTEUR HEIDEGGER - Sillage - 45 pages - 5 €

Extrait du recueil Twice-Told Tales, parut en 1837, ce texte de Nathaniel Hawthorne, comme il l’indique lui-même dans une note préliminaire, n’est pas un plagiat du « Joseph Balsamo » d’Alexandre Dumas, puisque, publié vingt ans avant, il lui est antérieur…

 

Le site littéraire : L'experience du Docteur HeideggerC’est d’ailleurs avec humour que Nathaniel Hawthorne en prévient le lecteur au début du livre. Puisqu’à l’en croire, c’est peut-être le célèbre auteur des « Trois mousquetaires » qui se serait inspiré, lui, « d’une des idées fantasques de sa jeunesse », pour écrire, selon un usage répandu en son temps, son célèbre roman.
En effet, le dédicataire de « Moby Dick » prévient : « Ce n’est d’ailleurs pas l’unique occasion, et de loin, où l’on a vu le grand romancier français exercer le privilège des plus éminents génies en confisquant la propriété intellectuelle d’auteurs moins célèbres, le détournant à son usage et profit. » Qu’importe. Car s’il n’a pas l’ampleur des romans d’Alexandre Dumas, et pour cause, ce texte plein d’humour et joliment mis en valeur par les éditions du Sillage dans une belle traduction est séduisant.


Tout à fait dans la veine des contes fantastiques du début du XIXe siècle, soit un peu avant les terribles contes d’Edgar Allan Poe, il se présente en réalité plutôt sous la forme d’une fable dont voici la trame. Un professeur, « homme très singulier », invite un jour « quatre vénérables amis à lui rendre visite en son cabinet. » Les amis en question, qui ont tous en commun d’être très âgés et d’avoir menés des vies dissolues acceptent de participer à une expérience. Ils ingurgitent pour ce faire une eau de jouvence et redeviennent jeunes. Malheureusement, leur nouvelle jeunesse est éphémère, encore plus que la première. Et ne leur sert à rien puisqu’ils y recommencent les mêmes erreurs. Tel est le but de l’expérience du professeur Heidegger qui ne cherche pas à s’assurer de l’efficacité de sa potion, mais plutôt à voir si redonner leur jeunesse à des hommes peut les rendre plus conséquents. Ce qui visiblement n’est pas le cas. Bien au contraire. Ses amis, non contents de retourner à leurs travers, finissant par partir en « pèlerinage » auprès de la source de la Fontaine de Jouvence afin de « s’en abreuver, matin, midi et soir. »

 



Stéphane Esserbé

 

 

 

Le site littéraire : prose

ASSIS                                                                    par Jean-René Godule

Le site littéraire : AssisDe nombreuses heures je suis resté assis. Vide et absent j’étais ailleurs. Je voyais flou et mon esprit filait. Je n’avais pas d’envie. Ma volonté était anéantie. La vanité des choses me saisissait. Le monde me paraissait obscur. Chaque geste, chaque pas, me semblait condamné. Ma vie s’attachait à l’infime. Je m’accrochais aux faits insignifiants. J’observais les nuages. Je fixais l’horizon. L’impuissance m’habitait. La vie me semblait arrêtée. Je voyais, en face de moi des ombres. Incapable d’un geste je tentais de comprendre. Le bon sens me fuyait. J’étais paralysé. L’agitation que je voyais me paraissait étrange. Qui étais-je ? J’avais juste un regard. Je fixais longuement les choses. Le matin, je me levais, et m’arrêtais. La vue de l’extérieur me saisissait. C’était comme un spectacle inaccessible. Une illusion. Dont je ne pouvais percer les mystères. Fallait-il vivre ? Je voyais le temps qui passait. Sans geste, je ne faisais aucune nuance. Je n’isolais aucun mouvement. Tout était trouble. Ma raison était autre. Je voyais autre chose. Ce que je distinguais nul ne pouvait l’apercevoir. Je touchais à la source. J’entrais dans le mystère. Ce n’était qu’un instant. Il me restait des ombres. Avais-je peur ? Que redoutais-je ? J’avais toute ma raison. Le monde me paraissait contraire. Je ne faiblissais pas. C’était une certitude. Un jour, me viendrait la lumière. Un jour je comprendrais. Un jour...

 

 

 

Le site littéraire : citations

La citation de la semaine

 

"... quand on est las des femmes et qu'on commence à crier de bonne foi qu'on les déteste, on peut graisser ses bottes et se faire donner le viatique. Le mariages et le concubinage sont là ; les désastres sont proches."

 

 

Joris-Karl Huysmans - En ménage

 

 

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