BONNE ANNEE

La chronique d'Hector Plasma
lenonsens une fois n’est pas coutume ne se soustraira pas aux bons usages. Bonne
année ! Plein de bonnes choses. De l’argent. L’amour. Le travail.
Et puis surtout une bonne santé.
Nous sommes en 2007. Ca va changer. On va changer de président (du moins espérons-le). On va devenir grand. On va plus être bête. On va plus croire ce que disent les journaux. On ne va plus non plus regarder la télé. On va devenir intelligent. Est-ce qu’on pourra parler ?
C’est ce que nous espérons : pouvoir à nouveau s’exprimer. C’est à dire dire
des mots, certains mots, qu’on pouvait dire avant sans s’attirer les foudres
de tout un tas de gens. Des mots comme juifs, noirs, arabes, PD, nains, ou
enculés. C’est vrai quoi, z’avez pas remarqué ? Il y a des mots aujourd’hui,
certains mots, dans la langue de Molière, des mots qu’on retrouve dans les
livres et dans les dictionnaires, qu’on ose à peine utiliser. Des mots qu’on
se sent coupable d’avoir, des mots que sans savoir pourquoi on croit désormais
interdits. C’est faux. Les mots ne sont pas interdits. Il faut savoir les
employer. On peut bien dire PD, arabe, ou enculés. Sommes-nous racistes,
antisémites, esclavagistes ? Rien de tout ça. Nous voulons simplement garder
notre sang froid. Car oui la France effraye. Et on la sent de toute part
qui chancelle. La France, cette grande patrie des mots, a peur de ces derniers
! Quel comble. D’où vient donc, qu’en France aujourd’hui, on ne
puisse plus appeler un chat un chat ? Pourquoi en sommes-nous là ? Nous refusons
cet interdit. Si les hommes sont stupides les mots n’y sont pour rien. Juifs,
noirs, arabes, PD nains enculés vous existez. Le problème n’est pas là. Et
ce n’est pas avec des lois que tout ça s’arrangera. Il faudrait de l’esprit,
et de l’intelligence, un zest de bon sens. Durant de longues années nous
formâmes une communauté et aujourd’hui nous nous détesterions ? Bonne année.
Gageons que nous puissions encore dans nos colonnes l’année prochaine vous
le souhaiter !
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Jean-Pierre Gaxie
KAFKA, PRINCE DE L’IDENTITE - Joseph K. - 153 pages - 13 €
La quête identitaire est l’une des clés des livres de Kafka. En s’interrogeant sur les rapports qu’entretenaient l’auteur du « Procès » à la notion d’identité, cet ouvrage intelligent met l’accent sur les aspects fondamentaux d’une œuvre riche en énigmes.
Dans
ce livre divisé en 3 parties ; étude d’une ensemble de photos de l’écrivain,
étude de son nom, celle de ses fameuses figurines noires, c’est par
la thématique de l’identité que l’œuvre de Kafka est abordée. L’auteur
en effet, avec précision et minutie, s’intéressant dans un premier
temps au rapport entretenu par Kafka avec la photographie, se met rapidement
en quête de Joseph K. Il le poursuit dans l’étude étymologique de son
nom, et le traque dans l’interprétation de dessins qui évoquent immédiatement
sa silhouette d’homme inquiet.
En trois études, le lecteur prend ainsi contact avec les portraits connus d’un
homme dont le nom a donné naissance à l’adjectif « kafkaïen. » Rétablissant
au passage la vérité sur certains des clichés les plus symboliques relatifs
à l’écrivain, il donne suite en analysant les rapports Kafka/K., pour finir
par évoquer les silhouettes stylisées d’un homme qui n’est en fait qu’une ombre.
Partant d’un support physique, la photographie, passant par les noms écrits
de Kakfa/K., le destin tout entier de ce dernier semble ainsi révélé pour
se trouver au bout du compte symbolisé dans quelques petites silhouettes
frêles et délicates.
« Je me sens à l’étroit dans tout ce je signifie ; même l’éternité que je suis
est trop étroite pour moi », écrivait Kafka. C’est toute l’énigme d’un homme
et d’une œuvre qui se profile.
Qui était Franz Kafka ? Qui était Joseph K. ?
Kafka, qui croyait n’être « pas définitivement né », qui « doutait d’être un
être humain », précisait aussi que « c’était en écrivant qu’il se maintenait
en vie ».
Ainsi ce livre apporte certaines des clés nécessaires à une meilleure compréhension
d’un auteur jugé toujours difficile.
K. en effet est bien plus que « l’initiale pure et simple d’un nom d’auteur
». Il est un véritable double à l’emprise duquel Kafka cherche à échapper dans
toute son oeuvre.
La pertinence des analyses menées dans ces trois enquêtes ne peut en tout cas
pas manquer de donner l’envie de replonger dans cet univers.
Stéphane Esserbé
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L'ARRIVEE par
Jean-René Godule
J’ai
posé mes valises. Tout va très bien. Je sens quelque chose de nouveau. La lumière monte. Je suis heureux. Depuis tellement longtemps j’espérais
ce moment ; connaître le repos, ne plus compter, rien calculer. Je
regarde un instant, puis je m’arrête. Le monde devient tableau. La
chambre se transforme. Suis-je bien vivant ? Je m’étonne. Quel voyage
singulier ai-je fait ? Depuis quand suis-je parti ? Tout ce que je
perçois est-il réel ? Les objets ont plus de relief. Les couleurs sont
plus vives. Je perçois l’entourage avec plus d’acuité. A la fois détaché
et proche de toute matière je me sens soulagé. Par la fenêtre entre
le ciel, et la quiétude me berce. Ce grand silence… Cette beauté m’étreint.
Cette vivacité des tons… Tout semble plus réel. Je n’entends plus les
hommes. J’ai suivi mon chemin. J’ai tâtonné. J’ignorais où était l’issue.
Le grand silence m’apaise. Il faut se laisser faire. Les murs ne m’effraient
pas. La solitude me sied. Cette chambre semble peuplée. Oh qu’elle est loin la vie ! Que les jours
paraissent effacés ! Un souvenir, gris, presque noyé. La lumière est
si blanche… Ce qui vient sera doux. Mes pensées sont légères. Et le
passé s’efface. Il disparaît.
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La citation de la semaine
"Votre amour du prochain, c'est votre mauvais amour de vous même."
Friedrich Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra
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