COMBAT

La chronique d'Hector Plasma
De la Résistante à la Révolution.
Qui se souvient, aujourd’hui, de cette devise qui fut celle, en d’autres temps,
d’un journal qui brièvement réinventa le journalisme ?
Combat.
Ce
journal né dans la clandestinité pendant l’Occupation Allemande.
Ce journal, créé par un homme qui n’accepta jamais la défaite (Henri
Frenay), et qui, aux heures les plus glorieuses de la Libération,
fut dirigé par Pascal Pia et Albert Camus avec le succès qu’on imagine.
Qui, aujourd’hui, peut se trouver à même de trouver un journaliste, un seul,
dont l’exigence morale puisse se hisser à la cheville de la plus modeste des
plumes de Combat ?
En ce temps-là comme disait l’autre (l’agité du bocal, ce cher Jean-Sol…),
jamais les Français n’avaient été aussi libres. Il faut croire que c’est
vrai. En ce temps-là les Français (du moins certains) s’étaient trouvés dans
la nécessité d’avoir recours à leur intelligence (finalement, le Nazisme
avait du bon). Ils lisaient un journal honnête, qui tâchait avant tout d’informer
ses lecteurs. En ce temps-là la Starcademy n’existait
pas – la télévision non plus d’ailleurs. On n’inventait rien dont on n’avait besoin. En ce temps-là,
si on avait écouté les hommes de Combat, on aurait pu faire en sorte que
le monde d’aujourd’hui soit différent. Qui se souvient ?
Pas un seul journaliste.
En ce moment, ils font, défont les opinions.
Tiens un sondage par-ci, et un autre par-là. Tiens un petit scandale, un autre...
T’en veux ? Franchement. Faudra-t-il à nouveau connaître un cataclysme ? Une
nouvelle catastrophe ?
C’est ce qu’on se demande, tant la bêtise et la médiocrité semblent sonner
à notre porte. C’est ce qu’on se demande… Jusqu’à quand ?
Adrien Bougogne
MEMOIRES DU SERGENT BOURGOGNE - Arléa - 360 pages - 22,11 €
Le 25 juin 1812, le sergent Bourgogne, arrivé du Portugal, traverse le Niémen avec 600 000 de ses camarades et entre en Lituanie. Commence pour lui et les autres soldats une odyssée qui se terminera 5 mois plus tard, ayant coûté la vie à 400 000 hommes…
Le
sergent Bourgogne, soldat de la Garde Impériale, est un homme aguerri
qui a été de presque toute les campagnes de l’Empereur. Comme la plupart
des soldats de la Grande Armée, il croit que rien n’est impossible
à Napoléon et ne se doute pas du désastre annoncé lorsqu’il entre en
Russie. Arrivé à Moscou le 14 septembre 1812 après quelques batailles
victorieuses (celle de la Moskowa notamment), il découvre « quelque
chose de magique » : une ville dans laquelle il n’aurait jamais imaginé
entrer en vainqueur. Et, une heure après, en voit l’incendie commencer.
Pour lui, une autre aventure commence, celle, devenue célèbre dans
l’histoire militaire, sous le nom de Retraite de Russie.
Ce livre, qui n’est pas de la main d’un lettré mais d’un simple soldat est
donc le récit d’un désastre, celui d’une des plus grandes tragédies de l’histoire
militaire. En effet, quittant Moscou le 19 octobre après avoir vainement tenté
d’en maîtriser l’incendie, la Grande Armée va dès lors battre en retraite avec
les premiers froids, harcelée par l’armée Russe et les partisans qui pratiquent
la tactique de la terre brûlée. Le sergent Bourgogne, du 19 octobre 1812 aux
premiers jours de 1813, va tenir un journal hallucinant de cette débâcle. Et
en constituer un document historique édifiant.
Dès le 1er novembre, la Grande Armée, qui doit sans cesse livrer des combats d’arrière-garde, commence à souffrir du froid et de la faim, se nourrissant essentiellement de la viande des chevaux qui commencent eux aussi à mourir. Marchant sans arrêt, dormant dans le froid, c’est une colonne d’infortune et de misère que le lecteur se représente au fil des pages. Voyage interminable dans l’immensité des steppes de Russie, au cours duquel sans cesse, toujours plus d’hommes, de chevaux, et même de femmes, mourront dès suite du froid et de la malnutrition. Le sergent Bourgogne résiste et survit. Et il lui arrive même encore de se battre victorieusement. Par des froids atteignant les 27 degrés négatifs, il voit toujours devant lui se dessiner la silhouette légendaire de l’Empereur sans une minute envisager de le rendre responsable de son infortune. Le point d’orgue de ce récit ? Une errance hallucinée dans une steppe glacée, lorsque le sergent Bourgogne, affaiblie, ne pouvant plus suivre les débris de la Grande Armée, se retrouve seul avec un autre soldat de la Garde à tenter de rejoindre son unité, survivant (et combattant toujours) en suçant des glaçons constitués de sang de cheval prélevés comme faire se peut sur des cadavres.
Le passage de la Bérézina, après lequel Napoléon quitte son armée pour regagner Paris en traîneau suite au coup d’état du général Malet à Paris, permet au sergent Bourgogne de retrouver les siens. Suivant désormais l’armée jusqu’à Elbing en Prusse où il arrive le 23 décembre, son cauchemar prend fin, en même temps que ce cours d’histoire magistral dans lequel il est impossible de ne pas lire les prémices des grandes tueries collectives qui auront lieu un siècle plus tard.
Stéphane Esserbé
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LOIN par Jean-René Godule
Jean-René Godule aime voyager...
J’arrive dans une ville étrangère. Les mots ne me manquent pas. Chaque coin de rue me désespère. Les bruits m’assaillent. J’ai roulé toute la
nuit. En me levant je m’étais décidé. Cette impression… Autour de moi
gronde la foule. Suis-je encore moi ? Tout me paraît plus simple. J’avise
les devantures. Façades modestes. Il règne une douce ambiance. Le bonheur
est ici. Je ressuscite. Les pierres sont muettes. Du loin me vient
un chant. La nuit sera légère.
Je me souviens l’hiver, les jours sans fin… Etais-je quelqu’un ? Je voyais
des sourires. J’avais en moi ce rêve. L’air me paraît plus vif. Le ciel plus
clair. Quand je me vois à l’angle des cafés, dans les vitrines, j’ai un sourire.
De quoi suis-je donc capable ? Demeurant étranger je file. Je laisse monter
la fièvre. Je n’ai de cesse d’éprouver toutes les sensations. Ma peau respire.
Mes yeux s’emplissent. Cette impression est envoûtante. Mon attention se
porte à l’inconnu. C’est une force singulière. Les quidams passent. Les silhouettes
lancent des signes. Le soleil éblouit. A mesure que les minutes coulent j’atteins
le but. Je voulais le désert. Mes membres, ma bouche, frémissent. Mes sens
s’aiguisent. Sur les visages se lit la vérité. Ma peau est douce. Et cette
lumière… Elle m’envahit.
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La citation de la semaine
"Je baserai ma cause sur Moi : aussi bien que Dieu, je suis la négation de tout
le reste (...). Je suis le Rien créateur, le Rien dont je tire tout
(...). Rien n'est pour moi au-dessus de Moi."
Max Stirner
- L'unique et sa propriété
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