APRES
L’ETAT DE GRÂCE, LES TAS DE GRAISSE
(OU LES COUILLES A MAIGRAT)

La chronique d'Hector Plasma
Mon Dieu ! Qu’il est gras ! Erk ! Pas beau vraiment. Et puisqu’il nous reste encore quelques médias pour nous montrer la vérité (eh oui, gras-double fait en sorte qu’on retouche ses photos dans l’ignoble Paris Match), nous n’allons pas nous gêner pour en parler...
Non
pas qu’être gras soit un crime en soi (ouh les vilains, c’est pas bien,
vous faites du délit de sale gueule !), mais il nous semble à nous
que ce gras-là soit tout à fait symptomatique du mal qui ronge la France
depuis le 6 mai. En effet, à l’heure où ceux qui ont des thunes vont
pouvoir en épargner plus (achetez un appartement, ça vous coûtera moins
cher), au moment où l’on (re)met la justice aux ordres (quoi ? t’es
pas content ?), à l’instant précis où on vous parle de dépénaliser
le milieux des affaires (mais ne peut-on pas déjà parler de milieux
tout court), quand on se prépare à servir au Medef une France de salariés
soumis et condamnés à être heureux jusqu’à 62 ans et qu’on supprime
des postes dans l’éducation nationale alors que le taux de natalité
est au plus haut, la France des gras de Germinal est de retour ! Oui,
souvenez vous ! Dans ce grand livre prophétique, lorsqu’à la mine il y a la grève et que les ouvriers n’ont plus rien à manger, d’autres,
au même moment, sous les yeux des premiers, s’empiffrent et jouissent
! C’est donc ça qu’on aura ? Mais oui bien sûr. C’était d’ailleurs
prévu. Comme disait un de mes amis tout récemment ; il vaut mieux être
riche ! En mai, la France idiote a triomphé, et maintenant… Le printemps
est passé. L’été a été bien pourri. La France de bon papa est de retour
(merci mon général). L’automne promet. Voici les tas de graisse. Mais
attention ! Vous vous rappelez Maigrat ? Cet ignoble usurier qui, dans
Germinal, exigeait des jeunes filles quelques gâteries en échange
d’un crédit pour les grévistes. Vous vous souvenez ? Molesté qu’il
a fini. Mort. Assassiné. Même, qu’au bout du compte, on la lui a coupée
pour en faire un trophée. Alors, après les tas de graisse, qu’est-ce
qu’on aura ?
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Wilhelm Dinesen*
PARIS SOUS LA COMMUNE - Michel de Maule - 399 pages - 22 €
En 1863-1864, avait lieu entre le Danemark et la Prusse la guerre des Duchés. Ce fut ensuite en 1870-1871 la guerre franco-prussienne. Wilhelm Dinesen, jeune officier Danois passionné, participa à ces deux guerres. Resté à Paris après l’armistice de 1871, il assista également à la Commune du 18 mars au 28 mai de cette année terrible…
Si
l’histoire de la Commune de Paris est bien connue et la littérature
à son sujet variée et abondante, il reste aujourd’hui difficile d’évoquer
cette période de l’histoire de France sans tomber dans l’outrance des
excès des partisans et des détracteurs de la Commune. L’ouvrage de
Wilhelm Dinesen, publié au Danemark en 1872 et réédité aujourd’hui
en France, a le grand mérite d’éviter cet écueil. Témoignage d’un homme
de tempérament ayant participé à la guerre contre la Prusse comme capitaine
dans l’armée française après avoir également combattu l’armée prussienne lors de la guerre des Duchés, il porte un œil lucide sur les événements et,
en tant qu’étranger, un regard plus juste sur ce que furent ces événements.
Se positionnant en observateur de la bataille et de l’histoire qui
s’écrit, il restitue un tableau vivant de cet épisode sanglant de l’histoire
de France, à la fois trop souvent caricaturé et injustement glorifié.
« Le combat était désespéré, seulement nourri par les passions, et mené jusqu’à
la fin avec une admirable énergie, née du désespoir », écrit Dinesen. Il en
fut bien ainsi des combats, qui 72 jours durant, opposèrent Communards et Versaillais.
Et si Dinesen, à aucun moment n’est tenté par le désir de prendre part aux
événements, il paraît, tout au long du récit, très curieux de l’issue de l’épreuve
de force engagée qu’il semble aussi redouter.
Pourquoi en effet, la France
vaincue et par conséquent ayant ôté tout espoir au Danemark de pouvoir recouvrer ses
provinces perdues lors de la guerre des Duchés, Dinesen reste-t-il à Paris
? C’est que, probablement, cette révolution à laquelle il assiste le passionne
malgré lui (au point d’y consacrer un livre dès son retour au Danemark alors
qu’il en a écrit peu), tout autant que Paris l’envoûte : « Les Parisiens ont le tempérament le plus heureux. Qu’ils le doivent
à la bonne chair, au vin léger ou à l’air pur, je ne sais, mais il est impossible
d’être morose à Paris. Les larges boulevards avec leurs platanes, les magnifiques
équipages, les boutiques étincelantes, la manière agréable, empressée avec
laquelle on est reçu partout, la foule de gens courtois, toujours enjoués qu’on
rencontre – et les Parisiennes ! »
Dinesen, c’est manifeste, s’il se refuse à justifier les excès commis de part
et d’autres, Raoul
Rigault (redouté procureur de la Commune) est pour lui « un personnage violent, méchant,
assoiffé de sang » et pour Versailles il ne « s’agissait pas de vaincre ses
ennemis, il s’agissait de les exterminer », aime Paris et son peuple. Et il
tient, jusqu’au bout, à rester près de lui. Il ne quitte d’ailleurs la ville
lumière alors décapitalisée qu’après les événements, la ville pacifiée et le
massacre terminé, « las, de corps et d’âme », regagnant le Danemark d’où il
repartit un an plus tard…
* Wilhelm Dinesen, né en 1845, aristocrate Danois, est également le père de Karen Blixen qui était sa deuxième fille. Il a publié au Danemark sous le pseudonyme de Boganis. Il s’est suicidé en 1895.
Stéphane Esserbé
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JE PARS par Jean-René Godule
Ca y est, Jean-René Godule part...
Cela vient du dehors. Ce sont des rires. Une femme. L’été. La nuit. Je m’évanouis. Il plane de doux parfums. Le temps revient. Les bruits
de voix résonnent. Des cours montent des soupirs. La nuit s’étire.
Le soir est une respiration. Un souffle tendre et ralenti. Je reste
dans le noir. Mon monde renaît. Mon âme s’élève. Je connais chaque
battement. A l’horizon des toits m’envole. Je suis anéanti. De l’intérieur viennent des images. Des
bruits me parviennent des odeurs.
Il fait noir. Mes yeux restent ouverts. Le rire me vient. Le monde ne vaut qu’à
ce moment.
Où vais-je ? Je ne suis plus conscient. La nuit… Et toujours sonne le rire. Cette
voix qui vient de loin. Tel un parfum. Comme en partance. Lorsque que le temps
s’arrête. Lorsque mon corps s’apprête. Lorsque je disparais.
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La citation de la semaine
"Le XXIè siècle s'ouvre sur la lutte sans merci. D'un côté un Occident judéo-chrétien libéral au sens économique du terme, brutalement capitaliste, sauvagement marchand, cyniquement consumériste, producteur de faux biens, ignorant toute vertu, viscéralement nihiliste, sans foi ni loi, fort avec les faibles, faible avec les forts, rusé et machiavélique avec tous, fasciné par l'argent, le profit, à genoux devant l'or pourvoyeur de tous les pouvoirs, générateur de toutes les dominations - corps et âmes confondus."
Michel Onfray - Traité d'athéologie
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