N° 42 du 03/09/07

APRES L’ETAT DE GRÂCE, LES TAS DE GRAISSE
(OU LES COUILLES A MAIGRAT)
Le site littéraire : humeur
La chronique d'Hector Plasma

Mon Dieu ! Qu’il est gras ! Erk ! Pas beau vraiment. Et puisqu’il nous reste encore quelques médias pour nous montrer la vérité (eh oui, gras-double fait en sorte qu’on retouche ses photos dans l’ignoble Paris Match), nous n’allons pas nous gêner pour en parler...

 

Le site littéraire : Les tas de graisseNon pas qu’être gras soit un crime en soi (ouh les vilains, c’est pas bien, vous faites du délit de sale gueule !), mais il nous semble à nous que ce gras-là soit tout à fait symptomatique du mal qui ronge la France depuis le 6 mai. En effet, à l’heure où ceux qui ont des thunes vont pouvoir en épargner plus (achetez un appartement, ça vous coûtera moins cher), au moment où l’on (re)met la justice aux ordres (quoi ? t’es pas content ?), à l’instant précis où on vous parle de dépénaliser le milieux des affaires (mais ne peut-on pas déjà parler de milieux tout court), quand on se prépare à servir au Medef une France de salariés soumis et condamnés à être heureux jusqu’à 62 ans et qu’on supprime des postes dans l’éducation nationale alors que le taux de natalité est au plus haut, la France des gras de Germinal est de retour ! Oui, souvenez vous ! Dans ce grand livre prophétique, lorsqu’à la mine il y a la grève et que les ouvriers n’ont plus rien à manger, d’autres, au même moment, sous les yeux des premiers, s’empiffrent et jouissent ! C’est donc ça qu’on aura ? Mais oui bien sûr. C’était d’ailleurs prévu. Comme disait un de mes amis tout récemment ; il vaut mieux être riche ! En mai, la France idiote a triomphé, et maintenant… Le printemps est passé. L’été a été bien pourri. La France de bon papa est de retour (merci mon général). L’automne promet. Voici les tas de graisse. Mais attention ! Vous vous rappelez Maigrat ? Cet ignoble usurier qui, dans Germinal, exigeait des jeunes filles quelques gâteries en échange d’un crédit pour les grévistes. Vous vous souvenez ? Molesté qu’il a fini. Mort. Assassiné. Même, qu’au bout du compte, on la lui a coupée pour en faire un trophée. Alors, après les tas de graisse, qu’est-ce qu’on aura ?

 

 

 

 

Le site littéraire : livres

Wilhelm Dinesen*
PARIS SOUS LA COMMUNE - Michel de Maule - 399 pages - 22 €

En 1863-1864, avait lieu entre le Danemark et la Prusse la guerre des Duchés. Ce fut ensuite en 1870-1871 la guerre franco-prussienne. Wilhelm Dinesen, jeune officier Danois passionné, participa à ces deux guerres. Resté à Paris après l’armistice de 1871, il assista également à la Commune du 18 mars au 28 mai de cette année terrible…

 

Le site littéraire : Paris sous la CommuneSi l’histoire de la Commune de Paris est bien connue et la littérature à son sujet variée et abondante, il reste aujourd’hui difficile d’évoquer cette période de l’histoire de France sans tomber dans l’outrance des excès des partisans et des détracteurs de la Commune. L’ouvrage de Wilhelm Dinesen, publié au Danemark en 1872 et réédité aujourd’hui en France, a le grand mérite d’éviter cet écueil. Témoignage d’un homme de tempérament ayant participé à la guerre contre la Prusse comme capitaine dans l’armée française après avoir également combattu l’armée prussienne lors de la guerre des Duchés, il porte un œil lucide sur les événements et, en tant qu’étranger, un regard plus juste sur ce que furent ces événements. Se positionnant en observateur de la bataille et de l’histoire qui s’écrit, il restitue un tableau vivant de cet épisode sanglant de l’histoire de France, à la fois trop souvent caricaturé et injustement glorifié.

« Le combat était désespéré, seulement nourri par les passions, et mené jusqu’à la fin avec une admirable énergie, née du désespoir », écrit Dinesen. Il en fut bien ainsi des combats, qui 72 jours durant, opposèrent Communards et Versaillais. Et si Dinesen, à aucun moment n’est tenté par le désir de prendre part aux événements, il paraît, tout au long du récit, très curieux de l’issue de l’épreuve de force engagée qu’il semble aussi redouter.


Pourquoi en effet, la France vaincue et par conséquent ayant ôté tout espoir au Danemark de pouvoir recouvrer ses provinces perdues lors de la guerre des Duchés, Dinesen reste-t-il à Paris ? C’est que, probablement, cette révolution à laquelle il assiste le passionne malgré lui (au point d’y consacrer un livre dès son retour au Danemark alors qu’il en a écrit peu), tout autant que Paris l’envoûte : « Les Parisiens ont le tempérament le plus heureux. Qu’ils le doivent à la bonne chair, au vin léger ou à l’air pur, je ne sais, mais il est impossible d’être morose à Paris. Les larges boulevards avec leurs platanes, les magnifiques équipages, les boutiques étincelantes, la manière agréable, empressée avec laquelle on est reçu partout, la foule de gens courtois, toujours enjoués qu’on rencontre – et les Parisiennes ! »
Dinesen, c’est manifeste, s’il se refuse à justifier les excès commis de part et d’autres, Raoul Rigault (redouté procureur de la Commune) est pour lui « un personnage violent, méchant, assoiffé de sang » et pour Versailles il ne « s’agissait pas de vaincre ses ennemis, il s’agissait de les exterminer », aime Paris et son peuple. Et il tient, jusqu’au bout, à rester près de lui. Il ne quitte d’ailleurs la ville lumière alors décapitalisée qu’après les événements, la ville pacifiée et le massacre terminé, « las, de corps et d’âme », regagnant le Danemark d’où il repartit un an plus tard…

 

* Wilhelm Dinesen, né en 1845, aristocrate Danois, est également le père de Karen Blixen qui était sa deuxième fille. Il a publié au Danemark sous le pseudonyme de Boganis. Il s’est suicidé en 1895.

 



Stéphane Esserbé

 

 

 

Le site littéraire : prose

JE PARS                                                      par Jean-René Godule

Ca y est, Jean-René Godule part...

 

Le site littéraire : Je parsCela vient du dehors. Ce sont des rires. Une femme. L’été. La nuit. Je m’évanouis. Il plane de doux parfums. Le temps revient. Les bruits de voix résonnent. Des cours montent des soupirs. La nuit s’étire. Le soir est une respiration. Un souffle tendre et ralenti. Je reste dans le noir. Mon monde renaît. Mon âme s’élève. Je connais chaque battement. A l’horizon des toits m’envole. Je suis anéanti. De l’intérieur viennent des images. Des bruits me parviennent des odeurs.

Il fait noir. Mes yeux restent ouverts. Le rire me vient. Le monde ne vaut qu’à ce moment.
Où vais-je ? Je ne suis plus conscient. La nuit… Et toujours sonne le rire. Cette voix qui vient de loin. Tel un parfum. Comme en partance. Lorsque que le temps s’arrête. Lorsque mon corps s’apprête. Lorsque je disparais.

 

 

 

 

 

Le site littéraire : citations

La citation de la semaine

 

"Le XXIè siècle s'ouvre sur la lutte sans merci. D'un côté un Occident judéo-chrétien libéral au sens économique du terme, brutalement capitaliste, sauvagement marchand, cyniquement consumériste, producteur de faux biens, ignorant toute vertu, viscéralement nihiliste, sans foi ni loi, fort avec les faibles, faible avec les forts, rusé et machiavélique avec tous, fasciné par l'argent, le profit, à genoux devant l'or pourvoyeur de tous les pouvoirs, générateur de toutes les dominations - corps et âmes confondus."

 

 

Michel Onfray - Traité d'athéologie

 

 

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