N°40 du 03/08/07

UNE IDEE
Le site littéraire : humeur
La chronique d'Hector Plasma

Ca vous a pas choqué, vous, de le voir l’agité avec le colonel ? Non mais. Quelle belle photo ! Grimace protocolaire. Cérémonie grotesque et gros business. Tout ce qu’on aime...

 

Le site littéraire : Une idéeAprès le coup des infirmières fallait bien ça ! Libres qu’elles sont, après huit ans ! Ah ! Vraiment… Ca c’est un coup. Et un gratuit. Allez hop, tac, j’envoie ma meuf en émissaire. Elle discute. Et puis voilà : les infirmières sont libres. C’est aussi simple. Mais d’où que ça nous vient ce coup tordu ? Pourquoi ? Encore, lui il serait bulgare, on comprendrait. Mais manque de bol il est hongrois. Il a donc tant de cœur ? Il est donc si gentil ? Quand même, le colonel Kaka… Il y a pas si longtemps on pouvait pas le voir. Et puis, y en a bien des qui, en faisant à peine plus que lui sont frappés d’ostracisme. Alors… Ah ! C’est ça. On a vendu un truc. Quoi ? Du nucléaire ? Non ! Du nucléaire civil ? Comme y font en Iran ? Oui mais c’est pas pareil ? Là on le vend ? On a le droit ? Faut dire qu’on était bête. Nous, on croyait que ça faisait le même effet. Mais c’est vrai : avec les iraniens, faut se méfier. Ils sont méchants. Et ils peuvent faire n’importe quoi. Tandis que Kadhafi… Franchement. La France idiote est prête à tout décidément. Elle en avale de belles couleuvres. Elle a vraiment bon appétit. Ca fait plaisir à voir. Après tellement d’années d’immobilisme… Enfin ! On repart de l’avant. On vend des trucs. Et on libère des gens. Elle est donc de retour la France. Au premier plan. Y’a de quoi être fier. Qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? Libérer les wallons du joug flamand ? Affranchir le Québec ? Et si l’année prochaine on faisait notre Tour de France aux Amériques. Comme c’est plus grand, ça fera plus d’argent. On n’en parlera plus. Et ça permettra aux dopés de plus être attrapés. C’est une idée, non ?

 

 

 

Le site littéraire : livres

Brigitte Munier
RECITS A CLAIRE-VOIE - Le serpent à plume - 211 pages - 17 €

Pour être efficace, un recueil de nouvelles doit avant tout constituer un tout. Le nombre des nouvelles qui le composent, leur longueur, leur style, leur architecture ou bien encore tout simplement leur thème, doivent, au bout du compte, s’organiser en un ensemble cohérent...

 

Le site littéraire : Récits à claire-voieC’est la difficulté du genre. Celle qui, une fois surmontée, permet parfois d’offrir des perles de littérature qu’on se plaît à déguster. Brigitte Munier, avec ce recueil de 200 pages, « Récits à claire-voie », semble vouloir ignorer cette règle fondamentale. Certes ses nouvelles sont bien écrites. Elles se lisent bien et sont plutôt bien construites. Mais à aucun moment elles ne se lient les unes aux autres suffisamment pour que l’ensemble soit cohérent. Cela nuit incontestablement au recueil. Composé de 12 nouvelles de longueur inégale et à la parenté discutable malgré un style reconnaissable, ce dernier en effet souffre beaucoup de ce défaut. Et c’est dommage. Le style de Brigitte Munier est agréable. Mais il laisse trop place, ici et là, à la facilité. Souvent, les chutes s’éventent. Et tombent à plat. Les situations, les caractères renvoient également aux poncifs du genre. Et Brigitte Munier, à aucun moment, alors qu’elle le pourrait, ne surprend ni n’émeut. Ce livre aurait mérité d’être plus court. La dernière nouvelle par exemple est tout à fait superflue. Tandis que d’autres noient l’effet produit par les précédentes.
Reste malgré tout un texte, et c’est déjà beaucoup, qui vient relever le tout et fait dire que l’auteur, avec un peu plus de rigueur et d’exigence (ou de temps ?), aurait pu faire mouche. « Le lait des limbes ou la pythonisse algéroise », troisième pièce du recueil, ressemble assez à un bon texte. Original comme doit l’être toute nouvelle digne de ce nom, fort et vibrant, il surnage dans ce recueil touffus qu’on aurait dû davantage laisser respirer.
Un recueil de nouvelles, contrairement à ce que laisse entendre la quatrième de couverture du livre ne doit pas ressembler « à un album de chansons, toutes différentes, écoutées dans l’ordre ou dans le désordre. » Il ne peut pas non plus n’être qu’un assemblage de textes isolés. Il doit, pour briller, être poli comme le diamant. Faute de quoi, il n’est que gaspillage.

 



Stéphane Esserbé

 

 

 

Le site littéraire : prose

VOYAGE                                                      par Jean-René Godule

Vous aimez voyager ? Jean-René Godule aime lui...

 

Le site littéraire : VoyagesCette sensation me surprenait. Je n’étais plus un homme. Mes pensées m’échappaient. Je rentrais dans le rêve. Ma perception du temps et de l’espace changeait. C’était une forme de bonheur.
Ce que j’aimais, c’était aller tout droit. Je n’avais plus d’angoisse. Je m’évadais. Oh ces gros sifflements ! L’avion filait. Il m’extrayait.
Pourquoi veut-on partir ? Sinon pour oublier. S’oublier soi. N’être qu’un vide. Etre loin. En partant, j’étais comme absorbé. De l’intérieur j’étais saisi. Je savais bien que les heures douces venaient. Que les journées qui arrivaient seraient faites d’abandon. Qu’enfin je connaîtrai la paix. J’ouvrais grand mon regard. Et m’animais. C’étaient d’autres visages. Des vies. D’autres destins. Quels étaient-ils ? Semblables au mien ? Je devinais leurs mots. Les gestes tendres. Tout semblait différent. Je n’éprouvais plus la fatigue. Ne sentais plus la solitude. Le grand cœur de la ville me dévorait. J’aurais voulu que l’on m’emporte. Que ce monde, cette autre terre me prenne. Cherchais-je la mort ?
Je n’aimais jamais plus la vie. Je n’étais jamais plus vivant. J’aurais voulu aller plus loin. Comme dans un rêve. Une fuite. Film sans fin. J’y passais. Toujours reprenais le chemin. Ne comptais que des bribes. Des impressions. Quand les sens se mélangent. Lorsque l’on voit. Que l’on écoute. J’étais un figurant.

J’aurais voulu oui m’éloigner. Ne pas garder toutes les images. Ne pas laisser le monde m’accaparer. Simplement, le contempler. Etait-ce possible ? En rentrant, j’avais cet instant doux. Je pensais rester à distance. Imperméable, à l’existence.

 

 

 

Le site littéraire : citations

La citation de la semaine

 

"La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil."

 

 

René Char

 

 

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