DIEU
ET LA FRANCE IDIOTE

La chronique d'Hector Plasma
Dieu. On le croyait bien enterré. On s’en était débarrassé. On respirait. On
arrêtait de s’humilier. On croyait qu’on pouvait penser. Et puis voilà…
Il a suffit d’un rien ; quelques promesses, quelques discours, la peur,
et les menaces… Le voilà qui revient. Coriace le gars. Vrai dur à cuir.
Type increvable. Non mais. Après quelques années de paix, on devrait,
à nouveau, se le fader au quotidien ? Vivre à nouveau des interdits,
de la morale et de la religion ? Beurk. On le voit, on le sent, partout.
Il est là. Il veut rétablir l’ordre, restaurer le sens des valeurs.
Nous montrer le bien et le mal. Régner à nouveau. Restaurer son royaume.
On a bien entendu son nom durant une certaine campagne lors de discours
fameux où on parlait de l’espérance et d’une certaine foi. Comme là-bas,
de l’autre côté de l’Atlantique. D’ailleurs, les curés ressurgissent.
Les messes sont à la mode. Les processions branchées. Les pèlerinages tendances. Beurk. Très beurk. C’est inquiétant.
La France idiote a-t-elle la foi ? Se sent-elle l’âme à se croiser
et à partir en guerre contre les infidèles ? Dans les déclarations,
dans les débats, on le voit bien. Il y a le bon et le mauvais. Il y
a le juste et le non juste. Il y a le noir et puis le blanc… Pauvre
de nous tristes laïques ! L’inquisition menace. L’idiotie nous assaille.
Et la raison vacille. Dieu et la France idiote semblent faire bon ménage. Et il faut bien le dire, ce grand retour de Dieu
n’augure rien de très bon. Nous le trouvons nauséabond. La France idiote
se fera-t-elle aussi dévote ? Voilà une autre bonne question.
![]()
Michel Onfray
TRAITE D'ATHEOLOGIE - Le livre de poche - 315 pages - 6,50 €
Un traité d’athéologie. Pourquoi faire ? Voilà enfin une question intéressante. En effet, à l’heure où il peut paraître inéluctable d’avoir à choisir son camp entre celui d’un islam radical et cet autre d’un Occident judéo-chrétien libéral, tous deux éminemment violents et intolérants, quel espace reste-t-il à l’homme pour qui la raison doit avoir toute sa place dans la société ?
C’est
à cette question importante et délicate que s’est attaché Michel Onfray
dans ce best-seller de philosophie paru en livre de poche un an après
sa publication chez Grasset, capitale, même, en regard de l’actualité.
Le religieux effectue-t-il un retour menaçant au sein des sociétés dites laïques
comme l’est en théorie la nôtre ? Sommes-nous réellement sommés de prendre
parti ? N’a-t-on pas d’autres alternatives ? Avec la ferme volonté d’évoquer
l’athéisme non plus comme un vice toléré par des sociétés devenues trop laxistes
à force de progrès, en s’attachant à établir cet athéisme comme l’autre voie
possible, humaine et progressiste, dégagée enfin, et totalement, de tout terreau
religieux, Michel Onfray suscite une réflexion intéressante. Son traité d’athéologie
ne visant à rien d’autre, en dénonçant au passage tous les travers et crimes
des trois grands monothéismes, qu’à dresser un portrait de l’athéisme tel qu’il
devrait être, c’est à dire libéré de tout héritage culturel judéo-chrétien
et solidement ancré dans la société. Car qu’est-ce que l’athéisme ? Le simple
fait de ne pas croire en Dieu ? Celui de ne pas fréquenter église, mosquée
ou synagogue ? Non pas. Pour Michel Onfray, l’athéisme aujourd’hui,
n’est rien d’autre que la liberté, ou plus exactement le droit à la liberté.
Composé de 5 parties : Athéologie, Monothéismes, Christianisme, Théocratie
et Bibliographie, écrit dans une langue accessible à tout lecteur digne de
ce nom, ce livre en effet a le grand mérite de remettre les choses à leur
place. Oui « la religion du Dieu unique (…) travaille à la haine de soi,
au mépris de son corps, au discrédit de l’intelligence, à la déconsidération
de la chair. » Oui « elle fomente le mépris, la méchanceté, l’intolérance
qui produisent les racismes, (…)
le colonialisme, les guerres, l’injustice sociale. » Oui « regarder l’Histoire
suffit pour constater la misère et les flots de sang versés au nom du Dieu
unique… » Il n’est pas inutile de le rappeler. L’athéisme ? « Alors que le
11 Septembre vu par les Etats-Unis, donc l’Occident, somme tout un chacun
de choisir son camp dans la guerre de religion qui opposerait le judéo-christianisme
et l’islam, on peut vouloir échapper aux termes de l’alternative posés par
les protagonistes et opter pour une position nietzschéenne : ni judéo-chrétien,
ni musulman pour la bonne raison que ces belligérants continuent leur guerre
de religion entamée depuis les invites juives des Nombres… » Tout est dit.
Et l’on comprend alors l’importance de ce livre. Piqûre de rappel à tous
ceux qui, tentés par les dangereux appels aux meurtres et à l’intolérance
lancés depuis quelques années ici et là, il constitue une véritable enquête
historique menée à la fois pour dresser un état des lieux des mensonges non moins historiques attachés aux trois grands monothéismes
et véhiculés depuis des siècles, en même temps qu’un plaidoyer pour la reconnaissance
du droit à vivre hors et loin du religieux au sein de la société civile.
Pour Michel Onfray, l’histoire de Jésus telle qu’on la raconte n’est qu’une
« histoire de faussaire » qui « sévit encore aujourd’hui dans des millions
d’esprits formatés par cette incroyable histoire construite avec du vent
», « La Torah propose la première version occidentale des nombreux arts de
la guerre publiés au fil des siècles… », « Le Vatican aime Adolf Hitler »
(titre du chapitre 5 de la partie 4 du livre), et « la révolution iranienne
accouche d’un fascisme islamique inaugural dans l’histoire de cette religion.
» C’est dit. Cela tombe bien, car il fallait que ce soit fait.
Stéphane Esserbé
![]()
SOMMEIL par Jean-René Godule
Jean-René Godule vous parle du sommeil...
Il s’endort, il s’apaise. Il oublie. Dans ce sommeil, il croit trouver la paix.
Le monde s’éloigne, s’enfuit, et il le laisse.
Il fait si chaud. Il fait si doux. Son corps, sa peau brûlante, ses membres si
tendus oublient toute leur tension au contact des draps. Sommeil, torpeur, oubli…
Les bruits au loin s’éloignent. La rumeur bourdonnante. Le brouhaha. Le vertige
de la ville se taisent. Silence.
« Dors ! se dit-il. Ferme les yeux ! »
Il bouge. Il fait un geste. Il se retourne. Il sent les draps. Il rêve.
Un grand sourire alors vient près de lui. Il se rappelle…
« Ah ! C’est toi, lui dit-il. Tu reviens donc me voir…
- Comme convenu mon chéri. Ne t’avais-je pas promis ?
- Si, je crois, mais c’était dans mes rêves…
- Je ne suis pas un rêve. N’ai-je pas l’air vrai ? »
Un grand corps blanc
de femme, superbe et nu, s’esquisse à cet instant à ses côtés. Des
cheveux bruns, soyeux, se penchent sur son visage, une bouche rouge
et un parfum…
« Si, si…
- Allons, ne me crains pas ! Je suis ta douce amie. Ne suis-je pas belle ?
»
- Si…
- Viens ! »
Il sent sa peau. Il sent son corps. Il sent ses lèvres.
« Viens ! »
Et elle l’emmène.
La nuit ensuite lui semble interminable. Des bras brûlants l’enserrent. Un
corps puissant. Des seins, fermes, des cuisses musclées et souples.
« Oui, entend-il. Viens-là ! Arrive ! Tu sais, tu es mon homme depuis longtemps.
Je t’aime. Je veille sur toi. Je te protège. »
Il bouge, remue, s’agite. Il tremble, gémit.
Au loin le monde semble mourir. Il ne sent plus que sa présence, ne perçoit
plus que son parfum et son odeur. La lumière, les rais perçants des rideaux
sombres ont disparu.
« Ah ! Le noir, pense-t-il, l’oubli… »
Elle le serre contre lui. Elle pose sa bouche contre la sienne. Elle prend
son sexe. Elle crie. Elle est si belle !
« Tu m’aimes ? dit-elle.
- Oui. »
Il n’entend plus. Il ne voit plus. Il rit en lui.
Le lendemain il se réveille.
Il voit le lit défait. Puis il se lève.
Au loin de la fenêtre la lumière neuve renaît. Il se sent souple et délicat.
Il a dormi si bien. Il a rêvé si fort… Il prend une douche il frotte. Il prend
une serviette s’essuie. Il sort.
Il sort, il marche un peu dans le couloir en faisant craquer le parquet de ses deux pieds humides. Et puis au bout à l’entrée de la chambre dans le jour gris naissant, il aperçoit un corps, une silhouette qui fuit par la fenêtre et qui lui fait un signe.
![]()
La citation de la semaine
Lors d'une perquisition dans un couvent de jésuites pensant la Commune, Raoul Rigault, le procureur de la Commune, interroge un jésuite :
" -
Profession ?
- Serviteur de Dieu, répond le jésuite.
- Où habite votre maître ? poursuit Rigault.
- Partout.
Rigault se tourne vers son secrétaire :
- Ecrivez : Ducoudroy, se disant serviteur d'un nommé Dieu, en état de vagabondage."
Luc Willette - Raoul Rigault, 25 ans, communard, chef de la police.
![]()
[F.A.Q.|Mentions légales|Contacts|lenonsens|Liens|Plan
du site]
