VOUS
Y AVEZ PENSE ?

La chronique d'Hector Plasma
Alors ? Ca vous a plu cette grève ? Vous avez bien aimé ? Comment ça non ! C’était pas bien ? Vous dites ? On vous a pris pour des otages ? Et vous en aviez marre ? Vous pouviez pas aller bosser ? Fallait marcher ? Et c’était fatiguant ? Allons…
Mais
au fait, une grève, ça sert à quoi ? Pourquoi est-ce qu’on fait grève
? Pour le plaisir ? Ben ça alors, c’est une vraie découverte. On savait
pas nous. On croyait que la grève c’était quand on en avait marre.
Quand on voulait un truc qu’on avait pas. Ou quand on nous en enlevait
un qui nous était utile ; un peu plus d’argent pour survivre, quelques
jours de vacances… On s’était dit que c’était un moyen de plus se laisser
faire. Bêtement, on croyait que c’était pour lutter. Mais non. C’était
pas ça. On n’avait rien compris (les journaux nous l’ont expliqué d’ailleurs).
La grève, ça sert à rien. Faut surtout pas en faire : ca gêne. Ca empêche
le business. Ce n’est pas bon pour les affaires. Ca donne même une
mauvaise image. Et puis ça encourage les gens à ne rien faire. C’est
vrai quoi, pourquoi est-ce qu’ils font grève les gens ? Parce qu’ils
veulent pas bosser ? Ouh ! Que c’est vilain. Et puis quelle inconscience ! Tous ces gens, tous ces braves gens qui
dans le froid allaient à pied parce que les trains ne roulaient pas…
Quelle honte ! La grève non c’est pas bien. Ca doit rester un droit
bien sûr. Mais vaut mieux pas l’utiliser. C’est mieux. Et puis en plus,
à l’approche de Noël, vous vous rendez pas compte... Non non c’est
bien trop grave. Y faut plus rigoler. On redevient sérieux. Faut se
mettre au travail. On fait pas grève. On ne prend plus de RTT. Même
les vacances y faudrait voir à en prendre un peu moins. Après tout,
c’est bien grâce à des grève qu’on en a eu. Et c’est un vrai problème.
Faut arrêter avec tout ça. Sinon, comment qu’y f’ront les riches pour
être encore plus riches, hein ? Vous y avez pensé ?
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Laurent Guillaume
LA LOUVE DE SUBURE - Laurent Guillaume
Dans la Rome du deuxième siècle après Jésus Christ, un jeune officier prometteur
se trouve mêlé à une conspiration politique. Une créature démoniaque
hante les bas-fonds de la cité. Tandis que des guerriers germains
sont à la recherche d’un objet sacré…
C’est
d’un livre d’aventures historiques dont il est question ici. D’un livre
qui, s’il n’est à priori pas l’œuvre d’un écrivain, n’en présente pas
moins des qualités étonnantes dont la première est de se lire avec
plaisir. « La louve de Subure » en effet, ouvrage d’un simple quidam
(Laurent Guillaume est un policier en exercice passionné d’histoire
antique), auto-édité par les soins de l’auteur via le site lulu.com,
n’est pas un livre dont la publication a suivi le cheminement habituel.
Cela pourtant ne change rien. Car nous avons lu, et malgré ses défauts
aimé ce livre.
290 pages durant le destin de Lucius Terentius Fidelis, héros de l’histoire,
nous a effectivement captivé.
Le style bien sûr n’est pas très littéraire : « La nuit avait jeté un masque
ténébreux sur Rome, dissimulant les fastes et les indigences de la capitale
de l’univers. »
(incipit). On trouve, ici et là, malgré le désir évident de produire un travail
soigné, quelques fautes d’orthographe, de composition et des coquilles. Mais
on se laisse jusqu’à la fin porter par l’aventure.
Les personnages sont bien vivants. Le décor bien planté. Le souci du détail
historique rigoureux. L’intrigue, dotée de tous les ingrédients du genre :
amour, trahison, vengeance, rebondissements, scènes de bravoures et scènes
épiques, se vit comme un voyage aux confins de l’histoire.
Oui, ce livre, qui n’a pas fait l’objet de campagne publicitaire, qui n’est
pas publié par un grand éditeur, dont la visibilité n’est assuré nulle part,
est un bon livre. Il se tient à la main comme tous les autres, ne se désagrège
pas à la lecture, et se termine avec regret.
Laurent Guillaume s’il veut continuer devra bien sûr corriger ses défauts.
Il devra apprendre à resserrer son texte, à fluidifier son style, à être plus
personnel, mieux organiser son intrigue. Mais pas plus. A l’heure où Harry
Potter triomphe, ce livre est une preuve que l’auto-édition sur internet peut-être
une réussite sur le plan littéraire. Il redonne espoir en laissant à songer
que l’avenir du livre se trouve peut-être sur le net.
Stéphane Esserbé
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L'ENFANT (maintenant) par Jean-René Godule
Jean-René maintenant ?
Il a pu faire sa vie. Il a vécu. Il a aimé, a survécu. Il a cessé d’être un enfant.
Dans la ville, où il s’est installé, après toutes ces années, il vit, il voit,
il se souvient. Il revoit le passé. Il voit le père, la mère, des ombres, de
pâles fantômes. Ils sont à tout jamais en lui gravés.
Il regarde, écoute, entend et voit.
Il voit la ville. Il voit le monde. Cette grande ville. Il s’y promène, il y
sourit.
Il marche, regarde autour de lui, découvre, comme pour la première fois ces murs.
Il voit des yeux, entend des voix. Il baigne, se trempe dans la rumeur. En lui
l’enfant est mort.
Il a de temps en temps quelques sanglots qu’il réussit à étouffer. Il a quelques
images, des voiles de larmes, des sourires esquissés, de rares parfums qui montent,
ou des regards, des voix des plaintes. Des cris de joies lui viennent aussi ;
quelques enfants qui jouent, quelques gamins heureux et insouciants qui filent
au long des rues et qu’il regarde. Une douceur étrange. Au loin l’horizon se
dévoile. Il sent son corps. Il marche, fait quelques pas, redresse la tête. Et
il sourit, heureux, paisible, en respirant l’air tendre.
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La citation de la semaine
"La philosophie est la route sèche de la vie. Elle peut s'occuper de nous, mais pas nous allaiter."
Soren Kierkegaard - Journal
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